Mais pourquoi se ruent-ils au Sénat ?

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Au Sénat comme dans les autres lieux du pouvoir, se presse une foule de citoyens… curieux.

Devinette : quel est le site le plus visité en France pendant les Journées du patrimoine ? Ni l’Arc de Triomphe, ni le Mont-Saint-Michel, répondent les statistiques du ministère de la Culture. C’est en fait le Sénat qui attire les foules. 27.000 visites l’an dernier pour cette institution qui sent a priori la naphtaline. Et le succès est le même dans tous les lieux du pouvoir, d’ordinaire fermés au public.

Les visiteurs d’un jour viennent "pour voir de près ce qu’ils ne peuvent voir d’habitude qu’à la télévision. Découvrir la géographie des lieux, ça permet de s’approprier les institutions", assure Jean-Marc Virieux, directeur adjoint de la communication du Sénat. Sans voyeurisme mais avec beaucoup de curiosité.

Un peu de rangement pour l'occasion

Passage obligé au Sénat : le bureau du président, du côté du petit Luxembourg, où pour l’occasion "les dossiers confidentiels ont été mis sous clé". Restent les photos personnelles. "On essaie de préserver le décor dans son authenticité. Ce n’est pas un bureau d’apparat, c’est un lieu de travail", raconte Jean-Marc Virieux.

Dans le bureau du maire de Lyon, c’est le grand fauteuil bleu franc d’un designer contemporain placé au milieu des dorures et des soieries murales qui surprend les citoyens de passage. Dans celui de Saint-Brieuc, l’œil des visiteurs est attiré par "un dessin de Malraux, des trophées dans une vitrine ou par une photo personnelle de Barack Obama", raconte Béatrice Jouan, guide dans cette commune des Côtes d'Armor lors des Journées du patrimoine.

Une photo avec Monsieur le maire

Le bonus : pouvoir prendre une photo des lieux avec l’élu en personne. Mais pas question de s’assoir à sa place. C’est comme si les visiteurs "se sentaient petits, admiratifs", témoigne Béatrice Jouan.

Pour certains, c’est aussi l’occasion de se replonger dans des souvenirs. Danièle Sessiecq, attachée au service du protocole à Lyon, se souvient ainsi d’un "quinquagénaire très ému de revenir à l’Hôtel de ville, où il avait rencontré avec son père, quand il était jeune, Edouard Herriot", l’ancien maire de Lyon. C’est aussi ce qui fait la différence : un bâtiment officiel, "on y vit en permanence, ce n’est pas un musée", résume cette guide.

Politiques, historiques, artistiques, les visites ont aussi parfois une tonalité très… pratique. Jean-Marc Virieux le reconnaît : au Sénat, les curieux viennent aussi pour découvrir les serres et demander aux jardiniers de la maison comment bien faire pousser leurs orchidées.