Présidentielle : "Marine Le Pen a les électeurs les plus mobilisés"

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Selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop et politologue, la candidature de la frontiste est "la plus sérieuse pour le second tour, compte tenu de la continuité du score du FN depuis 2012".

L'AVIS DE

Selon le dernier sondage Ifop, Marine Le Pen arrive en tête des intentions de vote au premier tour de l'élection présidentielle avec 26%, devant Emmanuel Macron (20,5%) et François Fillon (17,5%). Pour Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop et politologue, c’est bien la candidate du Front national qui a aujourd’hui le plus de chances d’être au rendez-vous du second tour, en mai prochain.

"La candidature de Marine Le Pen est la plus sérieuse pour le second tour". "Les scores de Marine Le Pen sont en continuité avec ses résultats lors des élections européennes (25%) ou des régionales (27%). Elle a les électeurs les plus mobilisés. Ils sont 85% à être sûrs d’aller voter pour elle. Aujourd’hui, à 70 jours de la présidentielle, c’est la candidature la plus sérieuse pour le second tour, compte tenu de la continuité du score du FN depuis 2012.

Indécision des électeurs de Macron. Emmanuel Macron, lui, bénéficie de l’attente de renouvellement, des difficultés des candidats issus des partis de gouvernement, comme Benoît Hamon et François Fillon, mais le candidat d’"En Marche !" a la part des électeurs la moins sûre de leur choix, la plus indécise.

Fillon, l'outsider. Clairement, François Fillon est devenu l’outsider. La conférence de presse du 6 février, si elle a fermé la porte à tout "plan B", n’a pas stoppé l’hémorragie et n’a pas estompé les doutes d’une partie de l’électorat de droite. Ce qui frappe, c’est que seuls 50% des gens qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en 2012 voteraient François Fillon. 20% iraient chez Marine Le Pen et 20% chez Jean-Luc Mélenchon. On voit à quel point sa campagne est parasitée par l’affaire dans laquelle il est empêtré et cette affaire l’empêche de déployer son programme.

Hamon-Mélenchon, le match dans le match. Derrière, Benoît Hamon récolte 15% d’intentions de vote, quand Jean-Luc Mélenchon est crédité de 11% des suffrages. Ce rapport de forces peut changer car il y a une très forte volatilité entre les deux électorats. Avec sa victoire à la primaire, Benoît Hamon, par un effet de désignation, a nettement dépassé Jean-Luc Mélenchon. Sa force, c’est qu’avec son positionnement un peu à gauche du centre de gravité des sympathisants socialistes, il prend un peu l’espace de la gauche de la gauche qui était seulement occupé par Jean-Luc Mélenchon mais le candidat du PS perd des électeurs socialistes. 40% de ceux qui avaient voté François Hollande lors de la dernière élection présidentielle se tournent aujourd’hui vers Emmanuel Macron. La concurrence est très forte entre Hamon et Mélenchon. Un réflexe de vote utile pourrait bénéficier à l’un et pâtir à l’autre."