1er mai : la guerre des rassemblements entre Le Pen père et fille

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Comme l’an passé, deux rassemblements distincts ont lieu : d’un côté Marine Le Pen, en meeting à Villepinte à midi, de l’autre son père, Jean-Marie Le Pen, qui prononce un discours place des Pyramides à Paris à 11 heures.

Depuis 2016, Marine Le Pen n'organise plus de défilé du 1er mai en l'honneur de Jeanne d'Arc. La candidate FN laisse la rue à son père. Et si elle ira bien de son côté déposer une gerbe devant l'une des statues parisiennes de la pucelle d'Orléans, l’essentiel de la journée sera consacré à son grand meeting à Villepinte. Un moment crucial de cet entre-deux-tours.


Marine sans Le Pen. Le plus embêtant pour Marine Le Pen, ne devrait pas être le discours de son père, peu agressif malgré les désaccords nous dit-on, mais les images de son rassemblement à distance. Pour son meeting, la candidate a tout fait pour se détacher du traditionnel 1er mai frontiste. Ce sera le plus gros rassemblement FN avant le vote de dimanche : 15.000 militants sont attendus à Villepinte lundi à partir de midi. C'est un moment important pour Marine Le Pen, qui s’affiche sous la bannière "Marine", sans mention de son nom de famille ni de celui du parti,  car ce sera aussi le premier meeting commun entre elle et son potentiel Premier ministre, Nicolas Dupont-Aignan. Son nouvel allié sera en effet le seul à prendre la parole à la tribune avant elle.

L'entre-soi frontiste. Mais au même moment, son père, Jean-Marie Le Pen, sera filmé déposant une gerbe devant la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides, avant de monter à 11 heures à la tribune pour prendre la parole, là où Marine Le Pen discourait elle-même encore il y a deux ans. Souvent face à un public radicalisé, avec des militants au crâne rasé, en veste noire, tandis que le journal d’extrême-droite, Rivarol, est largement distribué dans les rangs à cette occasion.

Rassembler le plus largement possible. À Villepinte, la candidate va surtout chercher à élargir son électorat. Il y aura des messages à destination des insoumis de Jean-Luc Mélenchon, puisqu'elle devrait à nouveau dénoncer l'oligarchie, mais aussi des adresses à l’égard des orphelins de François Fillon : l’ex-présidente du FN veut afficher sa fermeté dans le domaine régalien tout en essayant de rassurer sur son programme économique. Une vidéo spécifique de Marine Le Pen pour les électeurs de droite doit d'ailleurs être diffusée en début de semaine, comme elle l'a fait vendredi pour ceux de Jean-Luc Mélenchon. À six jours du second tour, la candidate veut rassembler contre Emmanuel Macron.

Et elle espère, en tout cas, qu’une salle comble éclipsera l’assemblée plus restreinte de son père. En 2016, "le Menhir" n’avait rassemblé que 500 personnes.

Chez Macron aussi, on revendique le 1er mai

Pas question pour le candidat d'En Marche! de laisser la journée au FN. Les messages subliminaux pour ramener l’extrême droite aux heures sombres de son histoire vont continuer. Après Oradour-sur-Glane et sa visite au mémorial de la Shoah dimanche, Emmanuel Macron a prévu un hommage ce matin à Brahim Bouarram, jeune marocain assassiné en 1995 par des skinheads. Un de ses stratèges explique : "Marine Le Pen et son parti ne doivent pas échapper à ce passé"

C’est un enjeu majeur pour Emmanuel Macron : réactiver le front républicain. "Depuis dimanche il n’y en a pas, constate un de ses soutien, l’unanimité de 2002 a laissé place à la cacophonie de 2017". Alors lundi, on nous promet un discours solennel avec deux axes : le barrage au FN mais aussi l’adhésion au projet d'Emmanuel Macron. L’un de ses conseillers conclut : "Il faut qu’on gagne, et le plus largement possible. Pour ça, on a besoin d’un front républicain, même bancal. Mais on doit aussi continuer à convaincre que notre projet est le meilleur".