Coussins de Lyon, une Histoire de chocolat

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Produit du terroir est une chronique de l'émission Le grand direct des régions
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Comme l'Histoire, le coussin de Lyon a plusieurs strates.

Aujourd’hui Anne, vous nous faites découvrir les coussins, pourquoi ça s’appelle comme ça ? Curieux comme nom ? 

J’avoue vu la tête du chocolat, je me suis dit qu’il devait certainement y avoir une allusion subtile aux adorables bourrelets que l’on gagnerait. Oui, petit rappel : un bourrelet est toujours adorable et se gagne toujours en  revanche, il se perd rarement.

Je me suis dit que le coussin, plus on en mange littéralement, moins on en a besoin pour s’asseoir ! ça a l’air d’être quelque chose du genre.Et bien pas du tout et pourtant quelle finesse dans l’analyse je vous l’accorde. Non, c’est bien plus symbolique et spirituel que cela. Je vous propose de niveler par le haut, ça nous ferait du bien nous élever au-dessus du niveau de la balance et des deux fleuves, le Rhône et la Saône qui traversent la ville. Direction la colline de Fourvière. Imaginez, on est en 1643, dans une ville de Lyon entièrement ravagée par la peste. Dans ce Lyon très religieux, les autorités tentent le tout pour le tout et se rendent en procession pour prier la Vierge de Fourvière et, lui demander de l’aide. 

Ils s’engagent à revenir faire le pèlerinage chaque année si la ville est sauvée et déposent au pied de la statue un cierge de sept livres de cire et un écu d’or sur son coussin de soie. Vous me voyez venir effectivement, c’est précisément ce coussin de soie qui a inspiré la création du Coussin de Lyon.    

Mais l’histoire ne s’arrête pas là, Anne….    

Non, puisque cet événement va profondément marquer la ville et ses traditions. 200 ans plus tard, en 1843 donc, les autorités religieuses lanceront un concours pour la réalisation d’une statue, pour honorer et remercier la vierge qui les aura sauvé de la peste. Mais en raison d’une crûe de la Saône, l’inauguration est repoussée au 8 décembre. Ce jour-là, les lyonnais allumeront spontanément des bougies à leurs fenêtres et à la nuit tombée, la ville entière est illuminée. Ce soir-là, une véritable fête est née ! Celle des "illuminations", c’est comme ça en tout cas que l’appelle les Lyonnais et qui sera rebaptisée à des fins un peu plus commerciales : la fête des Lumières, qui attire chaque année des millions de visiteurs.

A quel moment ça devient une spécialité culinaire ? 

C’est dans les années 60 que des fabricants de soieries imaginent donc une boite qui rappellerait la forme et l'allure du Coussin de Soie historique. De son côté, le chocolatier Voisin qui est installé à Lyon depuis 1897, reprend l'idée d'utiliser la forme du coussin pour créer sa propre confiserie. 

Très vite, le coussin devient populaire dans la ville et gagne peu à peu du terrain dans le reste de la France. Il est aujourd’hui la première spécialité de confiserie française à base de ganache au chocolat. Avec 85 tonnes de coussins de Lyon produites par an et une fabrication augmente de 10% chaque année, autant dire que c’est un incontournable. Ce qu’il y a de bien c’est qu’ils gardent un esprit de tradition. L'entreprise exclut le recours à la grande distribution pour commercialiser son produit. Il faut dire que c’est une entreprise familiale : Paul Boucaud-Maitre, le créateur de la pâtisserie est décédé il y a quelques années et aujourd’hui, c’est son fils Alain, qui a repris l’affaire avec deux des petits-fils.