Istres : le retour du dirigeable

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Made in France est une chronique de l'émission Europe matin
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Anicet Mbida nous présente chaque matin les plus belles inventions françaises.

Istres : Le ballon dirigeable fait son grand retour 

C’est en Provence qu’aura lieu cette renaissance. La crème des entreprises du secteur va désormais travailler en écosystème dans le "AirShip Village", une cité du dirigeable installée sur la base aérienne d’Istres dans les Bouches-du-Rhône (13). 

Pourquoi ce regain d’intérêt pour le "plus léger que l’air" ? Parce que l’industrie cherche désespérément un moyen de transport aérien moins polluant que l’avion. Pas pour le tourisme, ni les panneaux publicitaires, mais pour le transport de marchandises. Car le dirigeable se présente aujourd’hui comme l’un des moyens de transport les plus économiques avec le fluvial. 

La France n’est pas la seule à s’intéresser à ce marché prometteur. Les Américains, les Anglais, les Allemands sont également sur les rangs. Mais on rappelle que c’est un Français, Charles Renard, qui en 1884, a réalisé le premier vol circulaire d’un "plus léger que l’air". Ce savoir-faire est toujours reconnu aujourd’hui. L’exemple des Chinois est éloquent : ils avaient commencé par travailler seuls, avant de venir s’associer à un groupe français les "Flying Whales" (baleines volantes). Ce consortium travaille sur un énorme dirigeable de 140m de long, capable de transporter 60 tonnes de matériel (des éoliennes, par exemple), dans les endroits les plus isolés. A titre de comparaison, le plus puissant des hélicoptères plafonne à 20 tonnes et consomme 30 fois plus. 

D’aucuns s’inquiètent toujours de la dangerosité de ces machines. On pense évidemment à l’accident du Zepplin Hindenburg, qui a pris feu en 1937 (35 morts). Mais depuis, la technologie a beaucoup évolué. On n’utilise plus de dihydrogène, trop inflammable, mais plutôt de l’hélium comme dans les ballons de baudruche pour enfant. Mais le principal défaut reste quand même la taille des engins et leur prise au vent. Les jours de tempête, ils deviennent quasiment impossible manœuvrer. Ce qui ne les empêche pas se poser en alternative à l’avion pour fret. C’est pourquoi la France essaie de développer la filière. Elle espère ainsi prendre de l’avance sur ses concurrents américains et anglais, pour être en pole position si le dirigeable redécolle.