Google : "Pourquoi nous transformons Google News"

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Trystan Upstill, dirige l'équipe produit Google News chez Google.
Trystan Upstill, dirige l'équipe produit Google News chez Google.
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Google va proposer une importante mise à jour de Google News. Europe 1 a rencontré les responsables du service. Ils expliquent les raisons de ces changements.
INTERVIEW

"Nous nous sommes demandé à quoi ressemblerait Google News si nous l'avions créé aujourd'hui". Google a annoncé mardi une importante mise à jour de son agrégateur d'articles d'actualité, Google News. Il sera désormais plus personnalisé et permettra aux utilisateurs d'accéder à toutes les informations sur un événement ou une thématique dans une page dédiée, aussi bien sur le web que dans les applications iOS et Android du service. Europe 1 a rencontré Richard Gringras, vice-président en charge de Google News, et Trystan Upstill, ingénieur pour le service. Ils expliquent ce qui les a poussés à conduire ces changements.

Google News est un service qui marche déjà très bien, pourquoi tout changer ?

Il y a quelques temps, nous avons pris un peu de recul pour nous demander à quoi ressemblerait Google News si nous l'avions créé aujourd'hui et pas il y a quinze ans. Si vous regardez le web, il y a maintenant plus de contenus de 'haute qualité' qui sont publiés qu'il y a quinze ans et la puissance de l'intelligence artificielle et du "machine learning" s'est décuplée. On s'est aussi demandé quels étaient les problèmes que pouvaient rencontrer les utilisateurs et comment nous pourrions créer quelque chose qui réponde à ces problèmes. Nous avons repéré deux points clés : comment tenir les gens informés de ce qui compte pour eux aussi vite et aussi facilement que possible, et comment leur permettre d'avoir une vision complète du sujet car aujourd'hui on lit souvent un article seul, sans le contexte. Nous sommes partis de ça pour cette mise à jour de Google News.

Et la principale nouveauté c'est l'arrivée d'une page d'accueil personnalisée...

Oui, c'est l'onglet que nous appelons 'For you'. Quand vous ouvrez l'application vous avez un article d'ouverture, mis en avant avec une grande photo. En l'occurrence, si on regarde maintenant il est sur l'accord sur le nucléaire iranien et la décision de Donald Trump. Ensuite vous avez un deuxième sujet d'actualité. Ces deux articles sont les mêmes pour tous, c'est un peu comme la Une d'un journal. En-dessous, le lecteur a un contenu d'information locale et deux articles remontés car ils correspondent à ses centres d'intérêt. Pour moi, c'est un sujet sur Google et un sujet sur Tesla. Avec ce briefing, l'objectif est vraiment de donner aux utilisateurs les informations qui comptent pour eux à l'instant T. La répartition entre actualité générale, locale et personnalisée peut d'ailleurs varier en fonction du contexte. Et si l'utilisateur continue à descendre dans la page, il aura des articles mis en avant avec de grandes images sur des sujets qui l'intéressent. Il peut d'ailleurs choisir manuellement de voir plus d'articles sur un sujet ou plus de contenus d'un média spécifiquement. Ils peuvent aussi demander à ne plus voir aucun article de certaines sources.

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Avec tout cela, est-ce qu'il n'y a pas un risque de laisser les utilisateurs s'enfermer dans une vision très incomplète de l'actualité ?

Non car nous avons l'onglet 'Headlines' qui est le même pour tout le monde et qui permet d'avoir une vision plus complète de l'actualité. Nous pensons que c'est vraiment important que les utilisateurs puissent tous avoir la même vision de l'actualité. C'est aussi ce qui nous a conduit à créer Full View. L'idée c'est de dire : 'Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, expliquez-moi'.

Si on revient sur l'article sur le nucléaire iranien, vous avez une petite icône qui permet d'ouvrir cette page Full View. Elle commence, comme la page d'accueil, avec une sélection de cinq articles sur le sujet. Ils sont sélectionnés grâce à une intelligence artificielle qui repère plusieurs aspects du sujet pour ne pas avoir cinq fois la même information. Ensuite, toujours sur cette page, il y a une sélection des tweets les plus importants. Là en l'occurence, nous en avons deux de Donald Trump et un d'Emmanuel Macron. En continuant, l'utilisateur a aussi une timeline, une sélection d'articles de fact-cheking, puis des articles d'opinion et des articles d'analyse. Pour ces deux derniers blocs, nous affichons le titre des contenus et une phrase issue de l'article qui, d'après nous, résume le mieux ce qu'il dit. Elle explique à l'utilisateur pourquoi cet article est unique, pourquoi c'est celui qu'il doit lire.

L'autre nouveauté de Google News est la possibilité de souscrire à des abonnements premium de médias directement depuis Google. Vous gagnez de l'argent avec ce système ?

Nous avons en effet un nouvel onglet dédié aux abonnements. Il permet aux utilisateurs de s'abonner plus facilement, directement avec leur compte Google. Nous prenons une petite commission sur ce service, mais elle permet avant tout de couvrir nos frais. Si l'utilisateur s'abonne depuis la version web de Google News, 95% de l'abonnement est reversé au média. Sur l'application Android, c'est 85% pour l'éditeur et 15% pour Google. Mais cette solution a plusieurs avantages. Pour les utilisateurs, si nous savons que vous êtes abonné à un média, nous ferons en sorte de mieux remonter ses articles. Pour les éditeurs aussi car, contrairement à d'autres services, nous leur donnons le nom et l'adresse mail des personnes qui s'abonnent à leur média via "Subscribe with Google" pour qu'ils puissent les contacter si nécessaire et savoir qui s'est abonné.

Vous misez beaucoup sur l'intelligence artificielle. Certains de vos concurrents embauchent des journalistes pour développer leurs services d'actualité. Est-ce quelque chose que vous pourriez faire ?

Non, ça n'aurait pas de sens. Nous avons beaucoup d'éditions à travers le monde, 127 au total et nous n’avons jamais pensé que ça aurait du sens pour nous de recruter des journalistes pour travailler sur ces éditions.

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