Violences sexuelles dans le sport : "Il faut une agence pour l’intégrité", estime Bernard Giudicelli

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Invité vendredi de Matthieu Belliard, dans la matinale d'Europe 1, Bernard Giudicelli, le président de la Fédération française de tennis, a estimé nécessaire la mise en place d'un organisme indépendant, chargé de lutter contre les agressions et violences sexuelles dans le sport.
INTERVIEW

Pour en finir avec les violences sexuelles dans le sport, Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, convoque vendredi les dirigeants des différentes fédérations sportives pour une convention nationale. L’objectif, autour d’interventions d'universitaires, d'associations et d'athlètes, est d’amener le monde du sport à élaborer un plan de prévention. "Il faut une agence pour l’intégrité du sport, qui fédère l’ensemble des volontés pour que le sport soit protégé", plaide au micro d'Europe 1 Bernard Giudicelli, le président de la Fédération française de tennis (FFT).

"Il y a une prise de conscience mais il faut des choses concrètes et pratiques. Il faut une méthode de remontée des violences et agressions sexuelles", explique Bernard Giudicelli. Ce responsable demande ainsi au gouvernement de mettre à la disposition des fédérations "un outil" qui permette d’agir face à ce type de comportement.

"Le vrai sujet, sur lequel il faut avancer, c’est la parole des jeunes", estime encore le patron de la FFT. "Un jeune qui a 16 ans aujourd’hui, n’est pas un jeune qui avait 16 ans il y a dix ans. Aujourd’hui, tout le monde à un smartphone, la parole circule très vite. Le problème, c’est que si elle circule très vite entre les jeunes, elle circule très peu entre les jeunes et les adultes..."

Si les récentes affaires de violences sexuelles dans le patinage ont nourri l’actualité, en 2007 déjà, le monde du tennis avait été ébranlé par les révélations d’Isabelle Demongeot qui dénonçait dans un livre les viols dont elle avait été victimes, ainsi que d’autres joueuses, de la part de l’entraîneur Régis de Camaret. Cette affaire a contraint la FFT à prendre des mesures, en avance sur les autres fédérations sportives. "Nous avons nommé une déléguée à l’intégrité qui incarne désormais l’ensemble de ces sujets", explique Bernard Giudicelli. "Sur un plan judiciaire, nous n’hésitons pas à nous porter partie civile", ajoute-t-il. "C’est dans la nature des choses, quand on est une fédération et que l’un de nos athlètes est touché, de se mobiliser."

Europe 1
Par Romain David