C’est du jamais vu. A quelques encâblures des Sables d’Olonne, ils sont encore cinq skippers à pouvoir l’emporter dans ce Vendée Globe complètement fou , 77 jours après le départ de la course. Parmi eux, Charlie Dalin, le leader, et Yannick Bestaven, actuel cinquième. Les deux marins, qui se sont longtemps échangés la place de leader à la mi-course, aux environs du Cap Horn, étaient les invités d’Europe 1 lundi matin. "On s’est donné un bon duel", sourit le second, pas peu fier du spectacle offert aux amateurs de voile.
>> CARNET DE BORD - Le Vendée Globe de Charlie Dalin : "Tout le monde va monter en intensité"
"Lui aussi a fait une super course. J’étais en tête jusqu’au cap Horn, il a repris la tête après, je crois qu’on a été les deux bateaux le plus souvent à la place de leader de ce tour du monde", poursuit Yannick Bestaven. "Maintenant, que le meilleur gagne. Il a de bonnes chances de couper la ligne d’arrivée avant moi, mais en tout cas quelle que soit ma place au final, je crois qu’on peut dire que les cinq premiers, on a tous navigués au taquet et qu’on a vécu un pur tour du monde".
"Physiquement, ça commence à être dur"
Les deux skippers s’accordent en tout cas sur un point : alors que les corps et les machines sont harassés, la fin de course, très serrée, s’annonce éprouvante. "Ça rajoute à l'excitation et aussi au stress de ces derniers jours. On a des bateaux qui sont fatigués après un tour du monde. Et physiquement, ça commence à être dur aussi parce que c’est des machines qui sont nerveuses et difficile à mener en solitaire", affirme Yannick Bestaven.
"On sollicite les bateaux depuis longtemps, chacun a son lot de soucis, il faut composer aussi avec cette donne-là", confirme Charlie Dalin. "Et mes temps de manœuvres sont vraiment beaucoup plus longs qu’à l’entraînement, c'est bien la preuve qu’une fatigue musculaire profonde s'est installée."