Tournoi des VI Nations féminin : la France battue par l'Angleterre qui réussit un 6e Grand Chelem d'affilée

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Le XV de France féminin s'est incliné ce samedi face à l'Angleterre à Bordeaux (42-21). Les Britanniques, redoutables d'efficacité, remportent le Tournoi des VI Nations face à des tricolores en infériorité numérique durant toute la seconde période.

La France a été battue pour la 13e fois de suite par l'Angleterre (42-21), qui a réussi son sixième Grand Chelem d'affilée, samedi à Bordeaux, devant une affluence record pour un match de rugby féminin en France, 28.023 spectateurs. Menées à la mi-temps (35-14), les coéquipières de Manae Feleu ont passé la deuxième période en infériorité numérique, après le carton rouge adressé à Assia Khalfaoui (43e).

Mais ce n'est pas l'unique raison de la défaite. Maladresses, fautes de main, occasions perdues, un essai refusé par la vidéo... Les Françaises ont péché peut-être par trop d'engagement, d'envie de bien faire, de fébrilité aussi. Mais il ne faut pas omettre l'efficacité clinique des Anglaises, qui n'ont jamais laissé passer une occasion de marquer quand elles se sont trouvées dans le camp français. On a pourtant vu de belles choses côté tricolore, avec beaucoup de jeu, une grosse défense, des trois-quarts qui tentent et osent, des avants ayant retrouvé leurs automatismes en touche.

Un pack puissant

Mais samedi à Chaban-Delmas, il en fallait plus pour battre les Anglaises, qui ont frappé un grand coup à dix-huit mois de "leur" Mondial en 2025. Après avoir tiré les premières, dès la 4e minute, les "Red Roses" ont rapidement pris l'avantage au score (14-0, 11e), portées par leur pack puissant, emmené par la capitaine Marlie Packer et malgré tout chahuté par la défense des Bleues, qui en ont fait leur "identité".

Mais les Anglaises, ce sont aussi désormais des trois-quarts de feu, encouragées par leur nouveau sélectionneur, le Néo-Zélandais John Mitchell. Des lignes arrières à qui il ne faut pas laisser trop d'espace, comme, à la 24e minute, quand Émilie Boulard, voulant passer le ballon à Gabrielle Vernier, se l'est fait intercepter par la centre Megan Jones. Mais les Françaises, elles aussi, ont leur facteur X et il a un surnom qu'on a envie de chanter : Gabrielle "Gaby" Vernier. La centre de poche, désignée meilleure joueuse du Tournoi 2023 et un peu timide depuis le début de cette édition 2024, a trouvé la faille pour aplatir le premier essai français (17e).

Doublé de Marine Ménager

Le deuxième a été à la conclusion d'une mêlée française, d'où la demie de mêlée Pauline Bourdon Sansus, intenable, a pu envoyer Marine Ménager derrière la ligne d'en-but (14-21, 27e). Au retour de la pause, et alors que de gros nuages noirs réapparaissaient au-dessus de Bordeaux, le ciel est alors tombé sur la tête des coéquipières de Manae Feleu. Khalfaoui, qui avait déjà écopé d'un carton jaune le week-end dernier au pays de Galles, a en repris un autre, transformé en rouge après bunker.

"À 15 contre 15, c'est déjà dur", avait prévenu avant la rencontre à l'AFP l'ancienne deuxième ligne Safi N'Diaye, inquiète des trois cartons jaunes distribués aux Bleues à Cardiff, mais à 14, ça devait tourner à la mission impossible. Les Françaises ont pourtant continué à y croire, à jouer vite, campant dans le camp adverse, enfonçant et pilonnant les lignes anglaises, jusqu'à offrir un doublé à Marine Ménager (35-21, 69e). Mais il était trop tard, les Anglaises enfonçant même le clou avec une sixième essai, et un doublé, de Matthews.