Tour de France : jaune, à pois, vert... à quoi correspondent les maillots distinctifs ?

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Alors que chacune des vingt-deux équipes engagées sur le Tour de France a sa propre tunique, quatre maillots distinctifs seront à nouveau utilisés. Mais à quoi correspondent-ils ?

C'est parti pour le Tour de France ! L'événement cycliste de l'été s'installe pendant trois semaines sur le devant de l'actualité. Cette année, vingt-deux équipes de huit coureurs sont engagées dans la course, qui part de Noirmoutier et arrive, comme chaque année, sur les Champs-Elysées à Paris.

D'ici là, les coureurs vont sillonner la France, ses plaines et ses montagnes sur un total de 3.329 kilomètres, en 21 étapes. A l'issue de chacune d'elles, quatre maillots distinctifs (jaune, vert, à pois et blanc) seront remis à quatre coureurs. Mais savez-vous à quoi ils correspondent ? 

Le Maillot jaune, pour le premier du classement général

C'est sans doute le maillot cycliste le plus connu dans le monde entier. Le maillot jaune sert à distinguer dans le peloton celui qui est leader au classement général. Il est apparu en 1919, à l'initiative d'Henri Desgranges, alors patron du Tour de France. La couleur jaune avait été choisie en référence aux pages du journal L'Auto, ancêtre de L'Equipe et organisateur de la Grande Boucle.

A noter que le maillot rose, que porte le leader du Tour d'Italie, suit la même logique : il a été créé en référence aux pages saumon de la Gazzetta dello Sport, le quotidien sportif de référence dans la Botte.

Côté statistiques, c'est le Belge Eddy Merckx qui a porté le plus de fois le maillot jaune, 96 fois exactement. Loin devant Bernard Hinault (75 fois) et Miguel Indurain (60 fois). Les trois ont chacun remporté cinq fois la Grande Boucle, un record que pourrait égaler Chris Froome (59 fois porteur du maillot jaune) en 2018. Au total, ce sont les Français qui ont le plus porté le maillot jaune dans l'histoire du Tour, avec 712 jerseys portés, loin devant la Belgique (426) et l'Italie (208).

maillots

Les maillots distinctifs du Tour 2018.

Le Maillot vert, pour le premier du classement par points

Créé en 1953 à l'occasion du centenaire de l'épreuve, le maillot vert "apporte un nouvel enjeu à la course", rappelle ASO, l'organisateur de la course. Il est porté par le leader du classement par points, points distribués lors des sprints intermédiaires présents dans chaque étape (sauf les contre-la-montre) et lors des arrivées d'étape. Comme les autres maillots, sa couleur ne doit rien au hasard, mais plutôt à l'un des sponsors de l'époque, "La Belle jardinière". Le PMU, devenu à son tour le sponsor emblématique en 1991 a décidé de se désengager en 2015 et est maintenant remplacé par Skoda, deux marques qui utilisent le vert dans leur logo.

L'Allemand Erik Zabel détient le record du nombre de victoires dans ce classement, avec six succès entre 1996 et 2001. Il est talonné par le Slovaque Peter Sagan (quatre victoires) qui, avec ses 28 ans, pourrait bien le détrôner dans les années à venir.

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A côté de Christophe Moreau, leader du classement général, l'Allemand Erik Zabel. En cette année 2001, le sprinteur de la T-Mobile va remporter son sixième et dernier Maillot vert. Un record.

Le Maillot à pois, pour le premier du classement de la montagne

Le Grand prix de la montagne a été créé en 1933 pour récompenser celui qui empoche le plus grand nombre de points dans les cols et côtes. Apparu en 1975, le Maillot blanc à pois rouge le distingue désormais des autres coureurs dans le peloton. Son nom et sa couleur ne viennent pas du premier sponsor du maillot, les chocolats Poulain, qui ont réclamé un nouveau maillot pour une meilleure exposition, mais d'un pistard d'avant-guerre du nom d'Henri Lemoine. 

"A l'époque, Lemoine s'était inspiré des champs de course et des casaques des jockeys pour concevoir sa tenue de piste à pois. Blessé pendant la Seconde Guerre mondiale et fait prisonnier, 'P'tit pois' (son surnom) poursuivit sa carrière jusqu'à 48 ans", rappelait l'AFP en 2015. "Après son arrivée sur les routes en 1975, le maillot à pois devint très vite populaire au point que Poulain, dont les boîtes affichaient initialement un rond bleu sur fond orange, changea rapidement ses publicités" poursuit l'article de l'agence.

Pour l'obtenir, les coureurs doivent cumuler le plus de points possibles dans les cols et côtes référencés, de 4e catégorie pour les plus facile à hors-catégories pour les plus durs. 

Un nombre de points est attribué à chaque difficulté : 

  • Col de 4ème catégorie : 1 point pour le premier à le franchir
  • Col de 3ème catégorie : 2 points pour le premier, un point pour le second
  • Col de 2ème catégorie : 5 points pour le premier, 3 pour le 2ème, 2 pour le 3ème et 1 pour le 4ème
  • Col de 1re catégorie : 10 points pour le 1er, 8 pour le 2ème, 6 pour le 3ème, 4 pour le 4ème, 2 pour le 5ème et 1 pour le 6ème
  • Col hors-catégorie : 20 points pour le 1er, 15 pour le 2ème, 12 pour le 3ème, 10 pour le 4ème, 8 pour le 5ème, 6 pour le 6ème, 4 pour le 7ème et 1 pour le 8ème

C'est le Français Richard Virenque (ci-dessous en 2004 sur les pentes de l'Alpe d'Huez), sept fois vainqueur du classement entre 1994 et 2004, qui détient le record de victoires du maillot.

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Le Maillot blanc, pour le meilleur jeune

Le Maillot blanc a servi à récompenser différentes catégories depuis son instauration en 1968. Depuis 2000, il récompense le meilleur jeune de moins de 26 ans au classement général.

Thibaut Pinot est le dernier français à l'avoir remporté en 2014. Ces deux dernières années, c'est le Britannique Adam Yates qui l'a enfilé. En 2007 et 2010, Alberto Contador et Andy Schleck avaient respectivement fait coup double en remportant également le Tour de France.

Les autres maillots distinctifs

Les quatre maillots présentés ci-dessus ne sont pas les seuls qui tranchent dans le peloton. Rapide tour d'horizon des autres particularités.

Les maillots nationaux. Les coureurs lauréats de leur championnat national ont en effet le droit durant toute la saison d'arborer leur maillot aux couleurs de leur drapeau. Le (récent) champion de France Anthony Roux arborera donc toute l'année un maillot Groupama-FDJ bleu-blanc-rouge.

Le maillot arc-en-ciel. C'est le maillot le plus désiré (avec le maillot jaune) : celui de champion du monde ! Peter Sagan, vainqueur fin 2017, portera donc un maillot blanc avec la bande centrale bleu-rouge-noir-jaune-vert représentant les cinq continents. Les anciens champion du monde ont, eux, le droit de porter un liseré des ces couleurs au col et aux manches.

Le dossard du combatif. Chaque jour, un collège élit le plus combatif du jour, soit celui qui a animé l'étape et s'est distingué. Le lendemain, ce coureur arbore un dossard rouge avec son numéro en blanc, qui le distingue des autres.