Matches truqués dans le tennis : "une centaine de personnes" concernées par l'enquête belge

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Cette enquête a entraîné mardi les interpellations de quatre joueurs français de seconde zone. (Photo d'illustration) © AFP
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Cette enquête, qui touche au moins sept pays concerne un groupe d'Europe de l'Est, qui agit depuis la Belgique et s'est spécialisé dans les matches de tennis, a indiqué le parquet fédéral belge.

"Une centaine de personnes", joueurs ou entraîneurs, sont visées par l'enquête instruite en Belgique sur des matches de tennis truqués, dans laquelle quatre joueurs français ont été interpellés cette semaine, a indiqué vendredi le parquet fédéral belge. Sur ce total, "une quinzaine" évoluent en France, a précisé le porte-parole de l'institution belge, Éric Van Duyse.

Cette enquête, qui touche au moins sept pays (Bulgarie, Slovaquie, Allemagne, Pays-Bas, France, États-Unis et Belgique) concerne "un groupe très structuré d'Europe de l'Est, qui agit depuis la Belgique et s'est spécialisé dans les matches de tennis", a-t-il expliqué. "Ils se sont concentrés sur des matches aux enjeux réduits, où il est plus facile de corrompre et de tricher", a-t-il ajouté. Le volet belge de l'enquête se concentre sur le réseau en question. Six personnes ont été inculpées dans le pays, dont son "chef d'orchestre", G. S., le seul toujours placé en détention préventive. Il est mis en cause notamment pour "corruption active", "appartenance à une organisation criminelle" et "infraction à la législation sur les jeux de hasard", selon une source proche du dossier.

Quatre joueurs français arrêtés mardi. Cette enquête a entraîné mardi les interpellations de quatre joueurs français de seconde zone, dont deux ont été arrêtés à Bressuire, dans l'ouest de la France, où ils s'apprêtaient à jouer en double dans un tournoi "Futures", la troisième division du tennis après les tournois ATP et Challenger. Les quatre joueurs ont été relâchés mercredi. Ils sont soupçonnés d'avoir cédé aux avances de corrupteurs lors de tournois Futures ou Challengers, ce qui aurait permis des gains sur des paris réalisés en Asie du sud-est, d'après une source proche du dossier. "Ce sont des joueurs qui ont frôlé une carrière ATP pro mais qui aujourd'hui ont du mal à joindre les deux bouts", a rapporté une source policière française. "Les sommes versées vont jusqu'à 3.000 euros", explique la même source, alors que les gains pour une victoire dans les tournois de moindre catégorie tournent souvent autour de 2.000 euros.

Les avocats d'un joueur dénoncent une "mise en scène"

Les avocats d'un des quatre joueurs de tennis français interpellés mardi ont dénoncé vendredi "une mise en scène" et annoncé leur intention de porter plainte pour "violation du secret de l'enquête". "Les conditions de son interpellation, au cours d'un tournoi (à Bressuire) alors qu'il vit en France, qu'il a une adresse (...), le fait que quelques heures après la fin de sa garde à vue, ses premières déclarations recueillies en l'absence d'un avocat par quatre policiers se soient retrouvées dans la presse, qu'il figure en une du quotidien sportif (...) relèvent d'une évidente mise en scène", a dénoncé son avocat Me Karim Beylouni lors d'une conférence de presse. Ce joueur, Mick Lescure, 25 ans, a été interpellé mardi matin "alors qu'il s'apprêtait à participer à un tournoi 'Futures' dans les Deux-Sèvres", à Bressuire, a rappelé Me Beylouni. Trois autres joueurs français ont également été interpellés mardi dans cette affaire. Relâché après avoir passé près de 30 heures en garde a vue, Mick Lescure est soupçonné par la justice belge d'avoir accepté de l'argent pour perdre "des matches, des sets, des tie-breaks", a résumé son avocat, lui permettant d'empocher "30.000 euros de gains sur quatre ans".