Allemagne-France : Areola, le bleu a relevé le gant

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Alphonse Areola s'est notamment illustré sur une frappe à l'entrée de la surface de Marco Reus.
Alphonse Areola s'est notamment illustré sur une frappe à l'entrée de la surface de Marco Reus. © Franck FIFE/AFP
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Pour sa première sélection avec l'équipe de France, jeudi, en Allemagne pour la première journée de la Ligue des Nations, Alphonse Areola a été étincelant, préservant le match nul.

Des quatorze champions du monde qui ont foulé la pelouse de l'Allianz Arena, jeudi soir, face à l'Allemagne (0-0), lors de la 1ère journée de la Ligue des nations, il était le seul à ne pas avoir disputé la moindre minute en Russie. Mais, pour sa première sélection avec les Bleus, Alphonse Areola s'est montré digne de ce statut. Le portier du PSG, qui attendait cette première cape depuis près de trois ans (sa première convocation chez les Bleus remonte à octobre 2015) a multiplié les parades décisives, essentiellement en deuxième période, sauvant à lui tout seul ou presque le match nul des Bleus.

"C'est vrai que j'ai été sollicité tout au long du match", a concédé le portier des Bleus au micro de TF1. "J'ai réussi à rester concentré et à faire les bons choix, c'était le plus important pour moi. (…) On savait que cela allait être une équipe revancharde, et on a réussi à être solidaire jusqu'au bout."

Tranquille en première période, assailli en deuxième. Le portier des Bleus, qui devait sa place de titulaire aux forfaits d'Hugo Lloris et à l'absence de Steve Mandanda, tous deux blessés, a dû attendre la 18ème minute avant de réaliser une première intervention digne de ce nom, sur un tir trop mou et trop axial de Timo Werner. "Ça me met en confiance parce que c'était mon premier ballon chaud, j'ai su le capter et le garder bien au chaud", a reconnu Areola. "Ça m'a lancé et au final, je continue à rester solide tout au long du match." En dehors d'un centre-tir d'Antonio Rüdiger dans le temps supplémentaire, ce fut pourtant là la seule intervention délicate qu'il eut à faire en première période.

Six arrêts, une démonstration. La seconde période, elle, tourna à la démonstration. L'habituel portier du PSG s'interposa d'abord, du pied droit, sur un centre fort devant le but de Werner (57e). Huit minutes plus tard, il sortit une horizontale spectaculaire sur une reprise à l'entrée de la surface de Marco Reus (65e). Il réalisa ensuite une belle parade sur une frappe à mi-hauteur de Mats Hummels (72e). Dans la foulée ou presque (75e), il fut attentif sur un centre-tir venu de la gauche de Thomas Müller. Et sur le corner qui suivit, il réalisa un arrêt que n'aurait pas renié Hugo Lloris (ce fut presque la copie conforme de celui réussi par le portier n°1 des Bleus face à l'Uruguay, en quarts de finale du Mondial), d'une main, sur une tête de Matthias Ginter.

Celui qui fut moqué lors de la saison 2015-16 du PSG pour sa propension à prendre des buts sur chaque tir cadré venait de frapper un grand coup. Six arrêts en un match, jamais un gardien des Bleus n'avait réussi un tel total depuis… dix ans !

Cette performance, quasi historique, n'ayons pas peur des mots, a évidemment suscité moult réactions et détournements sur Twitter.

Des parades et de l'assurance. Mais, presque plus encore que ses parades, c'est son assurance sur le terrain qui a été bluffante, alors qu'Areola, 25 ans, débutait avec les Bleus. "J'ai eu l'occasion de faire partie du groupe durant la Coupe du monde, je connais tout le monde, ils m'ont mis en confiance et il fallait juste que je fasse ce que je sais faire et que je sois performant", a confié le joueur, qui connaît bien le maillot bleu pour l'avoir porté dans toutes les catégories de jeunes, avec, en point d'orgue, le titre lors de la Coupe du monde des moins de 20 ans.

"Ça va lui donner encore plus de confiance". Son sélectionneur, Didier Deschamps, n'a pas "été surpris" par la performance de son habituel troisième gardien. "Je suis très content pour lui", a-t-il admis en conférence de presse. "Ce n'est jamais évident une première sélection. Même s'il était venu 29 fois avec nous, il n'avait pas eu de temps de jeu. Il sait que j'ai confiance en lui. Ce soir (Jeudi soir), l'opportunité s'est présentée, il l'a bien saisie avec son calme et sa sérénité habituels. Ça va lui donner encore plus de confiance et il en a déjà beaucoup."

Ce match en Allemagne était essentiel pour Areola, alors que la légende italienne, Gianluigi Buffon, a rejoint le PSG cet été. Visiblement, cette arrivée ne le perturbe pas. C'est une bonne nouvelle pour les Bleus - on peut même se demander s'il n'a pas gagné un échelon dans la hiérarchie des gardiens avec le match de jeudi soir… - mais aussi pour le PSG, dont il défendra les buts lors des trois premières journées de Ligue des champions, Buffon étant suspendu.