Euro de handball : les Croates "veulent se venger" du Mondial 2009

Supporters croates à l'Euro de handball (1280x640)
© ANDREJ ISAKOVIC / AFP
  • Copié
et Christophe Lamarre, à Zagreb , modifié à
L'équipe de France joue sa qualification pour les demi-finales de l'Euro, mercredi soir, à Zagreb, face au pays hôte, dans une atmosphère bouillante.

L'image a marqué l'histoire du sport français. Les deux meilleurs handballeurs du monde, tête contre tête, en finale du championnat du monde. C'était le 1er février 2009, à l'Arena Zagreb, et la France de Nikola Karabatic avait pris le dessus sur la Croatie d'Ivano Balic (24-19). Neuf ans plus tard, les deux équipes se retrouvent au même endroit, mercredi soir, lors du dernier match du tour principal de l'Euro 2018, décisif pour la qualification en demi-finales.

"Une blessure qui reste ouverte". En Croatie, personne n'a oublié cette finale du Mondial 2009. "Ce match contre la France, c'est quelque chose que l'on appelle le clasico ici", rappelle au micro d'Europe 1 Borna, supporter de l'équipe à damier. "C'est un match très important pour nous, surtout après le Mondial 2009 où la France nous avait battus en finale. C'est une blessure qui reste ouverte, alors on veut se venger et aller jusqu'en finale."

Pour rejoindre le dernier carré, la Croatie devra l'emporter par trois buts d'écart. La France, elle, pourrait être qualifiée avant même le début de la rencontre si la Suède ne bat pas la Norvège plus tôt dans la journée. Et ensuite, il faudrait que la Croatie l'emporte par huit buts d'écart pour voir les Bleus sortis de la compétition. C'est dire si ce match est plus important pour le pays hôte que pour les hommes de Didier Dinart, que ce soit dans la compétition ou historiquement. "L'histoire de 2009 n'a rien à voir avec la présente. Ce n'est pas leur guerre", a même plaidé le sélectionneur et ancien chef de la défense.  

De fait, de la finale de 2009, il ne reste plus que quatre joueurs chez les Bleus : Luc Abalo, Michaël Guigou, Cédric Sorhaindo et Nikola Karabatic, dont le match face à la Croatie, pays de son père, reste particulier. Ils sont en revanche encore six du côté croate : Alilovic, Duvnjak, Kopljar, Horvat, Cupic et Vori, qui avait été exclu lors de la finale pour avoir mimé l'envoi du ballon vers l'arbitre. Mais, du côté français, on n'a pas oublié l'ambiance qui avait régné lors de cette finale. "On s'était retrouvés dans la peau du taureau dans cette arène où tout était fait pour que la bête s'épuise rapidement et soit mise à mort par des Croates prédestinés à gagner leur compétition", se souvient aujourd'hui dans L'Équipe Guillaume Gille, aujourd'hui co-entraîneur des Bleus.

Didier Dinart, qui était lui aussi sur le terrain lors de cette finale de 2009, se souvient de l'hostilité des 15.000 supporters croates. "On avait reçu des téléphones, des briquets, on avait tout reçu. On avait fait les courses pour rentrer à la maison", a-t-il souri en conférence de presse, avant d'ajouter : "Si quelqu'un pense qu'ils vont nous accueillir avec des fleurs, il fait fausse route." "Je m'attends à des sifflets dès que l'on aura le ballon, la foule en délire quand tu rates un tir ou que tu perds un ballon", raconte Luka Karabatic à L'Équipe. "Dans une telle ambiance, tu ne t'entends pas avec tes coéquipiers, c'est compliqué."

"Ça ne me fait pas peur". Mais les joueurs tricolores, invaincus depuis le début de la compétition (cinq victoires en cinq matches) n'ont pas pour autant d'appréhension avant de disputer cette rencontre. "On préfère jouer dans des ambiances comme ça plutôt que dans des ambiances hangar qui dénaturent l'enjeu", souligne le gardien Cyril Dumoulin. "Ça ne me fait pas peur", insiste de son côté Nikola Karabatic, qui n'avait que 24 ans lors de la finale 2009. "Pour moi, les sifflets sont plus une marque de respect."

Son frère Luka résume le sentiment général : malgré l'hostilité ambiante, "il y a aussi de l'excitation à jouer un tel match car tu peux vivre un très grand jour". Le très grand jour, les Croates l'attendent eux aussi. Ce ne serait sans doute pas mercredi, mais plutôt dimanche. Car la Zagreb Arena n'attend qu'une seule chose : que la Croatie retrouve et batte la France, dimanche, en finale.