Pologne-Portugal en quarts : réveille-toi Robert Lewandowski !

Robert Lewandowski (1280 x 640) LOIC VENANCE / AFP
Lewandowski, le retour ? © LOIC VENANCE / AFP
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Antoine Maignan , modifié à
FANTÔME - L'attaquant polonais, si efficace en club, n'a toujours pas trouvé la faille en quatre matches à l'Euro 2016. Rendez-vous jeudi soir 21 heures face au Portugal.

C'est le fantôme de l'attaquant du Bayern qui erre sur le terrain. En dépit des grosses attentes qui pesaient sur lui, Robert Lewandowski est totalement à côté de la plaque depuis le début de l'Euro 2016. Et si la Pologne a réussi à s'en sortir sans lui jusqu'ici, cela risque d'être beaucoup plus compliqué de se défaire du Portugal en quarts de finale sans un réveil du capitaine polonais.

 

Diagnostic d'une contre-performance pas forcément si étonnante.

  • Jusqu'ici tout allait bien

Des éliminatoires à 13 buts, cela ne passe pas inaperçu. Oui, la Pologne avait beaucoup marqué pour se qualifier, bien loin des trois petits buts marqués par les Rouges et Blancs depuis le début de la compétition finale. Et Robert Lewandowski y était pour beaucoup. Avec ses 13 réalisations en qualifications, il s'agissait même d'un record, à égalité avec le Nord-Irlandais David Healy (Euro 2008). Alors forcément, on attendait le capitaine polonais avec impatience dans les stades français. Il n'en est rien, pour le moment.

  • Une saison (trop) folle ?

Avec une saison 2015-2016 à ce niveau-là, il fallait bien qu'un contrecoup arrive à un moment. 30 buts en 32 matches de Bundesliga, dont le quintuplé le plus rapide de l'histoire du championnat allemand (5-1 en neuf minutes contre Wolfsburg en septembre), cela laisse des traces. D'autant que Lewandowski a également été aligné pour 12 rencontres de Ligue des Champions, dans lesquels il a trouvé le chemin des filets à neuf reprises. Si le serial-buteur finit cette saison un peu sur les rotules, ce n'est donc pas si surprenant. D'autres stars ayant beaucoup joué connaissent d'ailleurs le même problème (Ronaldo, Rooney, Griezmann dans une moindre mesure…), tandis que certains joueurs moins en vue cette saison ont tout simplement cartonné depuis le coup d'envoi de l'Euro - Eden Hazard en est le meilleur exemple.

  • A l'Euro, forcément, c'est plus dur

Il ne faut pas se voiler la face non plus : marquer 13 buts en éliminatoires est certes impressionnant, mais le rééditer en phase finale est une autre histoire. Affronter l'Ecosse, Gibraltar ou la Géorgie en qualifications, ce n'est pas comme se coltiner les champions du monde allemands, la solide Irlande du Nord ou la Suisse. Lewandowski ne peut que le constater : "J'aurais aimé marquer, mais je n'en ai pas beaucoup eu la possibilité, j'étais parfois seul devant", a-t-il déploré après le match nul (0-0) face à l’Allemagne. Cela ne fait aucun doute qu'à l'Euro 2016, la Pologne préfère compter sur la bonne tenue de son bloc défensif.

Et forcément, le géant polonais se retrouvent bien souvent esseulé devant, au contraire de sa situation en club, où les joueurs qui l'entourent jouent plus haut et surtout beaucoup plus proche de lui. Pas étonnant que les forces polonaises de cet Euro se retrouvent plutôt du côté de Jakub Blaszczykowski, son ancien partenaire à Dortmund, qui touche le ballon plus souvent que le buteur du Bayern.

  • La tête ailleurs

Autre explication possible des performances du Polonais, le mercato. Lewandowski pourrait bien avoir l'esprit occupé depuis quelques semaines. Pas à l'Euro, mais à son avenir personnel en club. Même si son contrat au Bayern court jusqu'en 2021, le Real Madrid souhaiterait le recruter dès cet été. Son agent l'a confirmé au journal allemand Spiegel : "plusieurs réunions (avec les dirigeants madrilènes) ont eu lieu. C’est un grand club et nous les avons écoutés." Assez pour expliquer la méforme du Polonais ? Pas sûr. D'autant que pour un compétiteur comme lui, un quart de finale à l'Euro ne se laisse pas passer comme ça. L'occasion de remporter un duel de buteurs contre Cristiano Ronaldo, non plus.