Covid-19 : le XV de France blanchi de toute faute

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Blanquer Maracineanu Laporte
Bernard Laporte, Roxana Maracineanu et Jean-Michel Blanquer ont rendu leur rapport vendredi matin. © FRANCK FIFE / AFP
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Le gouvernement et la Fédération française de rugby ont conclu vendredi dans un rapport d'enquête sur le foyer de contamination au Covid-19 dans les rangs du XV de France qu'aucune règle sanitaire n'avait été violée. Ils ont toutefois convenu que les règles allaient être renforcées. Les Bleus doivent se retrouver dimanche, et disputeront leur prochain match contre l’Angleterre le 13 mars.

Le "scandale des gaufres" se solde par une relaxe générale : le rapport d'enquête sur le foyer de contamination au Covid-19 dans le XV de France établit qu'aucune règle sanitaire n'a été violée, ont conclu de concert vendredi fédération et gouvernement. Le match du Tournoi des Six Nations contre l'Ecosse du 28 février avait dû être reporté après l'apparition de 16 cas dans l'effectif, dont 12 joueurs et quatre membres de l'encadrement, y compris le sélectionneur Fabien Galthié.

"Rien qui ne mérite blâme"

Ce dernier avait été mis en cause pour être sorti de la bulle sanitaire afin d'aller assister à un match de son fils le 7 février. Des joueurs avaient également été aperçus dégustant des gaufres dans les rues de Rome avant le match en Italie (victoire 50-10 en première journée).

Rien qui ne mérite blâme, a tranché le ministre en charge des Sports, Jean-Michel Blanquer, sous le regard approbateur du président de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte. Le protocole sanitaire a été "bien élaboré" et "respecté", selon le responsable gouvernemental. "Personne ne (l') a enfreint", a abondé Bernard Laporte.

"Maintenant, plus de sortie de l'hôtel"

Accompagnés de la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, ils ont toutefois convenu que les règles allaient être renforcées. "Maintenant, plus de sortie de l'hôtel": "c'est ceinture et bretelles", a prévenu Bernard Laporte, qui a toujours défendu son sélectionneur depuis le début de l'affaire. Le XV de France, qui n'a plus joué depuis sa victoire à Dublin le 14 février (victoire 15-13), se retrouve dimanche à Marcoussis en vue de son match contre l'Angleterre le 13 mars.

Roxana Maracineanu avait demandé au patron de la FFR cette enquête interne, tout en sollicitant le ministère de la Santé, pour faire la lumière sur l'irruption du virus dans les rangs français et déterminer la chaîne de contaminations. La ministre déléguée, qui avait œuvré pour que les autorités acceptent la tenue des matches du tournoi des Six nations, n'avait pas caché son agacement.

Fabien Galthié dédouané

Le rapport exonère notamment Fabien Galthié : "ce n'est pas lui le patient zéro", avait déjà affirmé jeudi sur RTL le président de la commission médicale de la FFR Roger Salamon. Pour la FFR, le virus s'est introduit chez les Bleus via un joueur de l'équipe de France à sept, sollicitée pour les entraînements des quinzistes à Marcoussis. Mais la Fédération n'a pas toujours tenu ce discours.

Plusieurs changements de version

"Notre seule certitude est qu'aucun joueur du XV n'a été contaminé par un joueur de France 7, puisque les cas positifs de cette semaine sont des transmissions à l'intérieur du groupe XV de France", avait affirmé Serge Simon, vice-président de la FFR et "Covid manager" des Bleus dans un entretien au journal Midi Olympique le 22 février. Et d'assurer : "le patient zéro, on le connaît, c'est notre préparateur physique." Ce préparateur physique avait été le premier cas positif communiqué par la FFR le 16 février avant que Galthié, d'abord considéré comme cas "suspicieux", ne soit diagnostiqué positif le même jour.

"Au regard des changements de versions auxquels on a droit ces derniers jours, il eût été largement préférable d'avoir un audit indépendant et externe (à la FFR)", estime Florian Grill, chef de file de l'opposition au comité directeur de la FFR.

Quatrième cluster tricolore

Le président de la Ligue Ile-de-France souligne qu'il s'agit du quatrième cluster pour le rugby tricolore après les contaminations dans les rangs du XV de France féminin à l'automne, des moins de 20 ans en janvier et donc des septistes. "Je ne pense pas qu'il était marqué dans le protocole que les joueurs pouvaient sortir manger des gaufres. Ou alors, s'ils sortent manger des gaufres, il fallait qu'ils soient retestés quand ils re-rentraient dans la bulle au contact des autres", avait estimé Roxana Maracineanu sur la chaîne l'Equipe.

Ces joueurs ont bien été retestés en rentrant, a répondu Laporte dimanche sur France 3. Mais n'était-ce pas prendre un risque au vu du délai d'incubation du Covid-19 ? "On peut se +positiver+ dans les quinze jours qui suivent un contact. C'est un virus assez diabolique", a souligné vendredi l'infectiologue Eric Caumes, membre de la commission médicale de la FFR.

A titre de comparaison, le basketteur américain de Sacramento Richaun Holmes avait lui dû observer dix jours d'isolement en juillet dernier après avoir récupéré une commande de "chicken wings" (ailes de poulet) en dehors de la "bulle" de la NBA.