Coupe du monde 2018 : Budget, stades, primes... le Mondial de tous les records

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L'État et les régions russes financent la majeure partie de l'organisation de la Coupe du monde de football 2018. © FRANCK FIFE / AFP
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Pour accueillir la Coupe du monde, la Russie n’a pas lésiné sur les moyens. L'organisation de la compétition a coûté près de dix milliards d’euros.

En annonçant sa liste des 23 joueurs sélectionnés, Didier Deschamps a lancé jeudi le compte à rebours jusqu’au début de la Coupe du monde de football 2018. A partir du 14 juin, date du match d’ouverture, le monde entier aura les yeux rivés sur la Russie. Pour accueillir les équipes, faire vibrer les spectateurs et impressionner les milliards de passionnés à travers le monde, le Kremlin a mis les bouchés doubles : entre les stades à construire, les infrastructures à faire sortir de terre et les investissements financiers, le Mondial russe est d’ores et déjà le plus cher de l’histoire.

Un Mondial coûteux, très coûteux

Le budget du Mondial russe a beaucoup évolué au fil des ans. Initialement, il était établi à 661,5 milliards de roubles (neuf milliards d'euros actuels). La crise économique est passée par là et en juin 2015, l’État a voté un rabot de 30 milliards. Finalement, en 2017, pour boucler le budget, le comité d’organisation a obtenu deux coups de pouce : 19 milliards en février puis 34,5 milliards en octobre. Résultat, un coût total de 678 milliards de roubles, soit 9,2 milliards d’euros (10 milliards il y a encore quelques mois mais le rouble s’est effondré). A titre de comparaison, le budget du Mondial allemand en 2006 s’élevait à… 430 millions d’euros seulement !

Avec ce budget record, la Russie écrase la précédente marque établie par le Brésil en 2014. La dernière Coupe du monde avait coûté huit milliards d’euros, dont 2,5 pour la construction et la rénovation des stades. Le record russe ne tiendra toutefois que quatre ans. Le Qatar, pays organisateur de la Coupe du monde 2022, a engagé des dépenses folles pour sa candidature. Le budget initial de 26,6 milliards d’euros du comité d’organisation a certes été raboté de 40 à 50% mais le coût reste monstrueux : la seule construction des stades représente entre 7,5 et 9,4 milliards d’euros.

Douze stades qui coûtent cher

Si le budget du Mondial russe est si élevé, c’est notamment à cause des stades. Le dossier de candidature prévoyait d’allouer 2,3 milliards d’euros à la construction de dix enceintes et à la rénovation de deux autres. Une somme largement sous-estimée. Ainsi, le stade Krestovski de Saint-Pétersbourg, construit exprès pour le Mondial, a coûté à lui seul 1,5 milliards d’euros - cinq fois plus que prévu. Mais paradoxalement, les équipes joueront aussi dans des stades plus "low cost", à l’image du Stade central d’Ekaterinbourg et ses fameuses tribunes temporaires à l’extérieur, rénové pour "seulement" 170 millions d’euros.

 

Qui paye l’organisation ?

La Coupe du monde coûte donc très cher mais qui a payé ? Sur les 678 milliards de roubles du budget total (9,2 milliards d'euros), 390 milliards (5,3 milliards d’euros, 57,6%) proviennent de fonds fédéraux avancés par l’État russe et 91,9 milliards (1,2 milliard d’euros, 13,6%) sont fournis par les régions russes qui accueillent les matches. Le reste du budget (2,7 milliards d’euros) est pris en charge par des "entités juridiques et économiques", à savoir des entreprises et des fonds privés.

Jackpot pour les équipes

La Fifa met également la main à la poche. L’organisation mondiale du football a adopté fin 2017 le montant des primes qui vont être reversées à chaque équipe participant au Mondial russe. La Fifa se montre plutôt généreuse, avec une enveloppe totale de 334 millions d’euros, en hausse de 12% par rapport à la Coupe du monde 2014. Le vainqueur empochera ainsi 31,7 millions d’euros (2,5 de plus que l’Allemagne au Brésil) et le finaliste malheureux repartira de Moscou avec un pécule de 23,4 millions. Même les équipes éliminées dès le premier tour toucheront la jolie somme de 6,7 millions d’euros. En sus, toutes les équipes reçoivent une aide de 1,25 million d’euros pour les frais engagés dans la préparation de la compétition (stages, hôtellerie, transports…).