Ballon d'Or : pourquoi ils le veulent tous

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Quatre candidats semblent se détacher pour le Ballon d'Or : Mbappé, Griezmann, Modric et Varane.
Quatre candidats semblent se détacher pour le Ballon d'Or : Mbappé, Griezmann, Modric et Varane. © Valery HACHE / FRANCK FIFE / AFP
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Le nom du Ballon d'Or 2018 sera dévoilé lundi. Un rêve qui pourrait devenir réalité pour Griezmann, Mbappé, Varane ou Modric.

Antoine Griezmann, Kylian Mbappé, Raphaël Varane ou le Croate Luka Modric… De ces quatre joueurs, un seul sera désigné Ballon d'Or lundi. Le dernier nommé, sacré meilleur joueur de la Coupe du monde et joueur Fifa de l'année, s'avance en favori, malgré un début de saison décevant. "Ce serait un rêve qui deviendrait réalité", a déjà confié le milieu du Real Madrid. "J'en rêve vraiment", ne cesse pour sa part de clamer "Grizou". "J'ai fait tout ce qui était en mon possible jusqu'au dernier jour des votes" (le 9 novembre dernier, ndlr), a quant à lui lâché Mbappé. Varane, de son côté, est assez discret sur le sujet. La récompense a pourtant des allures de Saint Graal. Cette année peut-être plus encore.

Parce qu'il a retrouvé de sa superbe

Créé en 1956 par France Football, le Ballon d’Or est rapidement devenu la référence des récompenses individuelles. D'abord pour les joueurs européens, jusqu’en 1995, puis mondiaux. En 2010, la Fifa avait choisi de se rapprocher de l’hebdomadaire français pour fusionner son World player awards avec le Ballon d’Or. Le partenariat a duré six ans. Six ans d'une domination sans partage de Lionel Messi (quatre trophées) et Cristiano Ronaldo (deux). Non sans polémique… Wesley Sneijder ou Andrès Iniesta faisaient en effet figure de candidats naturels en 2010, tout comme Franck Ribéry en 2013.

Le jury, composé des sélectionneurs et capitaines des équipes nationales et des journalistes, en avaient décidé autrement. Or, depuis 2016, seuls les journalistes (un peu moins de 200 dans le monde) et les joueurs votent. Ce qui redonne du crédit au trophée… Ce qui n'a pas empêché Cristiano Ronaldo de remporter les deux derniers.

Parce que c'est l'année où jamais pour s'engouffrer dans la brèche

Pour la première fois en dix ans, ni CR7, ni Lionel Messi ne devraient être sacrés. Le Portugais, plombé par des accusations de viol, n'a pas marqué de son empreinte la dernière finale de Ligue des champions et son aventure du Mondial s'est arrêtée en huitièmes de finale. La Coupe du monde s'est achevée au même stade pour l'Argentine de Lionel Messi et son Barça n'a pas été au-delà des quarts en Ligue des champions…

Une occasion rêvée de s'emparer du trophée suprême, comme le résume Kylian Mbappé lui-même. "Je ne pense pas que l’un des deux remportera le Ballon d’Or cette année parce que c’était une année de Coupe du monde. Et la Coupe du monde prime. Mais si on prend le joueur à l’état pur, il n’y a pas meilleur encore. Cette année, c’était encore eux les deux meilleurs. Messi finit meilleur buteur européen, Ronaldo meilleur buteur de la Ligue des champions". Autrement dit : il s'agit d'en profiter, car l'un et l'autre pourraient très bien remonter sur leur trône dès l'an prochain.

Parce qu'il confère un nouveau statut à son lauréat

Pour le grand public, la Coupe du monde est souvent considérée comme le trophée ultime. Mais il faut aussi admettre que la récompense la plus individuelle et individualiste du football puisse représenter un rêve pour les joueurs. Surtout quand ils ont déjà gagné la Coupe du monde…

"À titre individuel, vous ne pouvez pas aller plus haut", estime notamment Antoine Griezmann. "C'est le trophée le plus mythique, le plus prestigieux. Je suis un joueur qui pense d'abord collectivement avant de penser individuellement, mais ce serait génial pour moi, après tout ce que j'ai vécu, et en particulier d'avoir été séparé de ma famille à 13 ans", a confié l'attaquant des Bleus à ESPN. 

Plus que n'importe quel championnat, plus qu'un but en finale de Ligue des champions, le Ballon d'Or permet en effet à quiconque le décroche de graver à tout jamais son nom dans l'histoire, à côté de ceux de Stanley Matthews (1956), Raymond Kopa (1958), Franz Beckenbauer (1972, 1976), Michel Platini (1983, 1984, 1985), Ronaldo (1997, 2002) ou Zinédine Zidane (1998). Et bien d'autres : qui se souviendrait de Lev Yachine s'il n'était pas le seul gardien de but à recevoir le Ballon d'Or en 1963 ?

Parce que ça peut rapporter gros

Hé oui. Tout n'est pas qu'une question d'honneur. De plus en plus de stars font en effet ajouter dans leurs contrats une "clause Ballon d'Or". Selon les récentes révélations des Football LeaksKylian Mbappé a ainsi demandé au PSG, lors de son transfert depuis Monaco, à devenir le joueur le mieux payé du club en cas de Ballon d'Or. Devant Neymar, donc. Le club de la capitale a refusé, mais s'est quand même engagé à lui verser une prime de 500.000 euros le cas échéant. Pour Neymar, le chèque avoisinerait les 3 millions d'euros nets.

En ce qui concerne Antoine Griezmann, c'est son équipementier, en l'occurrence Puma, qui lui a promis de l'argent s'il venait à être désigné lundi. "À côté du salaire mensuel de ces joueurs dont Antoine fait partie, la prime ne représente évidemment pas grand-chose", nuançait récemment un proche du Mâconnais dans les colonnes de L'Équipe.

À l'été 2016, le milieu de terrain portugais André Gomes, alors recruté par le FC Barcelone, s'était lui vu promettre un chèque en cas de Ballon d'Or. Son montant ? 20 millions d'euros. Deux ans plus tard, le joueur évolue à Everton. Loin, très loin du Saint Graal. Bien plus que Mbappé, Varane, Modric ou Griezmann.