Valérie, 49 ans, en couple pendant 15 ans avec une perverse narcissique : "J'avais l'impression que mon cerveau était piloté"

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Grégoire Duhourcau , modifié à
Au micro d'Olivier Delacroix sur Europe 1, Valérie a évoqué cette relation dont elle a fini par sortir. "Je n'existais plus, je n'existais que pour elle", confie-t-elle.

Valérie, 49 ans, est restée pendant 15 ans avec sa compagne. Il y a un an, elle a réussi à se sortir de cette relation qu'elle considérait comme toxique. "J'ai vécu vraiment pour l'autre pendant 15 ans", explique-t-elle à Olivier Delacroix sur Europe 1.

"C'était des critiques perpétuelles, des remises en question, des suggestions, des injonctions... C'était en permanence, pour tout, pour rien : 'Tu ne sais pas faire la vaisselle', 'tu ne sais pas vider le lave-vaisselle', 'tu ne sais pas balayer', 'tu ne sais pas plier le linge', 'tu ne sais rien faire.'

"J'avais l'impression qu'elle pouvait me faire respirer quand elle voulait"

J'avais l'impression que mon cerveau était piloté, qu'elle avait la télécommande et qu'elle pouvait me faire respirer quand elle voulait, perdre l'appétit quand elle voulait, provoquer des insomnies. Je somatisais beaucoup. Je ne savais pas que j'étais sous emprise. J'avais l'impression que j'étais la mauvaise personne et qu'il fallait que je fasse toujours mieux que ce qu'on me demandait.

 

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Je sentais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Je n'arrivais pas à mettre de mots sur ce qui m'arrivait. J'étais persuadée que c'était de ma faute de toute façon. Par hasard, si tant est que le hasard existe, j'ai regardé sur Internet une conférence d'Anne-Laure Buffet, une psychothérapeute, conférencière et écrivain, sur comprendre l'emprise. J'ai regardé cette conférence et elle était en train de raconter mon histoire pendant deux heures. Je me suis dit : 'Elle me connait, c'est pas possible. Elle est en train de parler de moi.' J'ai dû entendre cette conférence 50 fois et à chaque fois je me disais : 'C'est bien ça.' Donc j'ai décidé de consulter. Je suis allée voir un psychologue dans ma ville. Je lui ai dit que je vivais avec quelqu'un qui n'était jamais satisfait et que peut-être qu'il y avait des raisons pour qu'elle ne le soit pas.

"Je n'existais plus, je n'existais que pour elle"

[Ma compagne ne se rendait pas compte que quelque chose n'allait pas dans son comportement.] C'était toujours les autres, toujours moi : 'Il faudrait que tu changes, ce n'est plus possible.' Elle profitait de ma faille. Sans faille, je ne pense pas qu'il y ait d'emprise. J'étais vraiment très, très amoureuse. J'étais persuadée qu'à un moment donné, elle pouvait être lucide et se rendre compte du mal qu'elle faisait. Je n'arrivais pas à comprendre que l'on puisse faire le mal pour le mal.

Aujourd'hui, je me sens beaucoup, beaucoup mieux. J'ai vécu vraiment pour l'autre pendant 15 ans. Je n'existais plus, je n'existais que pour elle. Ce sont des gens qui, en plus, sont chronophages, qui réussissent à vous faire penser que ce qu'il fait lui ou ce qu'elle fait elle, c'est beaucoup plus important que ce que vous faites vous."