"On est vendredi et on a envie de rentrer" : de nombreux routiers bloqués par le verglas

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Camion Froid Neige Verglas Hiver 1:47
Les chauffeurs routiers de plusieurs départements de l'ouest de la France ont interdiction de circuler. © Fred TANNEAU / AFP
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En raison du froid et du verglas, de nombreux routiers se retrouvent bloqués dans l'ouest de la France, où ils ne peuvent plus circuler. Malgré les frustrations des chauffeurs et les interrogations des restaurateurs sur leur approvisionnement, tous s'organisent en attendant une amélioration de la situation.
REPORTAGE

S'il n'y a toujours pas de pistes de ski pour le début des congés de la zone C, l'ouest de la France peut se targuer d'avoir de belles patinoires en ce mois de février glacial. Le verglas rend la circulation très difficile, voire impraticable, sur certaines routes secondaires. Dans les Deux-Sèvres, l'Indre et la Vienne, les camions de plus de 3,5 tonnes ont interdiction de circuler, y compris sur l'autoroute. Dans un bar-restaurant routier près de Niort, Europe 1 a pu constater le désarroi des routiers coincés par les conditions météorologiques.

"On a envie de rentrer chez nous"

"Je me suis arrêté faire du gazole ici. Je n'ai pas pu repartir parce que les gendarmes m'ont indiqué que les autoroutes étaient bloquées", raconte ainsi Thierry. Comme plus d'une centaine d'autres de ses collègues, le chauffeur a donc été invité vendredi matin à sortir de l'A83 entre Niort et Nantes pour garer son semi-remorque sur l'immense parking du restaurant routier Les Pyramides, près de Niort. Parti de Saintes, en Charente-Maritime, il devait rejoindre Loudéac, dans les Côtes-d'Armor.

Le trajet s'est donc arrêté dans les Deux-Sèvres, loin de la destination finale en Bretagne. "C'est ennuyeux, parce qu'on est parti depuis le début de semaine. On est vendredi et on a envie de rentrer chez nous", maugrée le chauffeur, qui relativise malgré tout : "Voir des gens et avoir de quoi se restaurer, c'est déjà ça."

Du stock pour tenir

Gérante du restaurant, à La Crèche, Elsa Beaubois a été prévenue de la situation compliquée par les autorités. "La préfecture m'a appelé à 10 heures en disant qu'il y aurait à peu près 150 à 200 camions bloqués", explique-t-elle. "Est-ce que tous les chauffeurs vont manger ? Je ne sais pas. Ça va être la surprise du chef. Je devais avoir une livraison de viande aujourd'hui, mais j'imagine qu'ils ne vont pas pouvoir venir. Ce n'est pas un souci, parce qu'on a quand même du stock pour prévoir toujours un plat ou deux de plus. J'ai de quoi servir les clients s'il y a quoi que ce soit."

Si la nourriture venait à manquer, la Protection civile a été appelée à la rescousse pour distribuer des vivres aux chauffeurs routiers. Et si la situation ne s'arrangeait pas, les mairies des environs ont été alertées pour organiser un plan de sauvegarde intercommunal en cas de besoin.