Une campagne contre les fessées : "Les violences peuvent être délicates pour la santé des enfants"

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Une nouvelle campagne de sensibilisation vient d'être lancée contre les violences éducatives, dont la fessée. Pour le médecin et coordinateur de la campagne, Gilles Lazimi, "il n'y a pas de petites ou de grosses violences". 
INTERVIEW

C'est un sujet qui revient à intervalles réguliers dans le débat public et qui divise toujours autant : la fessée entre-t-elle dans le cadre de l'éducation d'un enfant ? La réponse est non pour l'association StopVEO (pour "violences éducatives ordinaires"), qui lance lundi une nouvelle campagne afin de sensibiliser les parents à la non-violence éducative. Médecin et coordinateur de la campagne, Gilles Lazimi a défendu sur Europe 1 l'absence de fessées et autres gifles dans l'éducation des enfants.

Pas de maturité cérébrale avant 7 ans

Pour le spécialiste, la gifle n'a pas sa place dans l'éducation des petits, alors que trois parents sur quatre reconnaissent la pratiquer avec leurs enfants : "Il n'y a pas de petites violences, il n'y a pas de grosses violences. Il y a des violences", constate-t-il. "On est toujours là à croire que les violences n'ont aucune incidence sur les enfants. Si, elles peuvent être délicates pour la santé des enfants. Il faut expliquer les besoins de l'enfant pour que les parents n'utilisent pas ces moyens d'un autre temps."

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La violence infligée à un enfant ne serait pas vraiment innocente, en raison de son développement encore inachevé : "Un enfant qui naît, c'est un être qui n'est pas fini. L'enfant a besoin d'amour, de tendresse, d'encouragements. Les coups l'humilient et il ne comprend pas ce qui se passe. (…) La maturité cérébrale n'intervient pas avant 7 ans pour un enfant, et elle n'est pas totale. Il est pris par des intenses émotions qui sont incontrôlables. Il va falloir lui parler, l'aider à libérer ses émotions", explique Gilles Lazimi.

La clé : être pédagogue

Comment, dès lors, convaincre les parents de ne pas être violents avec leurs progénitures, alors qu'ils sont près de 90% à pratiquer la violence ordinaire ? Il faut "les accompagner" et "être pédagogue", rappelle le médecin. Cela passe par "expliquer que c'est dur d'être parent et qu'on n'a pas appris à l'être, qu'on est parent avec l'enfant qu'on a été et qu'on va reproduire ce qu'on a vécu."