Un abbé intégriste condamné à 19 ans de réclusion en appel pour viols sur des enseignantes

, modifié à
  • A
  • A
La peine prononcée en appel est plus lourde qu'en première instance (photo d'illustration). © JACQUES DEMARTHON / AFP
Partagez sur :

L'homme avait été condamné à 16 ans de prison en première instance. Le parquet en avait requis 20. 

Un abbé intégriste qui comparaissait en appel depuis mardi à huis clos à Nanterre pour viols aggravés sur trois enseignantes, dont certains assortis d'actes de torture, a été condamné vendredi à 19 ans de réclusion criminelle, contre 16 en première instance. Le ministère public avait requis 20 ans.

Fichier des délinquants sexuels. Comme en première instance, la cour a assorti cette peine d'un suivi socio-judiciaire pendant six ans et d'une injonction de soins pour ses "problèmes de déviance sexuelle". Christophe Roisnel, 44 ans, sera également inscrit au fichier des délinquants sexuels. Resté impassible à l'énoncé du verdict, l'homme avait été mis en examen et écroué en avril 2014 pour des actes commis en 2010 au sein de l'école qu'il dirigeait, Notre-Dame de la Sablonnière, à Goussonville, dans les Yvelines. Un établissement proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, mouvement traditionaliste lefebvriste en rupture avec l'Eglise catholique. D'autres faits s'étaient déroulés à Villette, une autre commune du département, ainsi qu'au domicile des parents du religieux, dans la Manche, selon une source proche du dossier.

Ciseaux, aiguilles à tricoter et manches à balais. Les victimes l'accusaient d'avoir usé de son ascendant psychologique pour parvenir à ses fins: il évoquait avec elles des agressions sexuelles, réelles ou inventées, que celles-ci auraient subies par le passé et leur faisait revivre ces épisodes traumatiques pour, disait-il, qu'elles puissent les dépasser. La cour a estimé, comme en première instance, que l'abbé avait abusé de l'autorité que lui conférait son statut d'ecclésiastique. L'abbé, qui comparaissait détenu, n'avait cependant été condamné en mai 2017 que pour viols et non pour les actes de barbarie dont l'accusait l'une des victimes. Il avait en effet au cours des viols sur cette personne usé de ciseaux, d'aiguilles à tricoter, de manches à balai et autres ustensiles (brosse à dent, pinceau, gant de crin).

Le religieux, tout comme le ministère public, avait fait appel de sa condamnation de première instance.