Tatouages : trois conseils pour ne pas se faire avoir par un charlatan

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D'abord activité marginale, le tatouage est devenu aujourd'hui un produit de consommation de masse. Mais tous les tatoueurs ne se valent pas. Pour éviter de se faire avoir, Europe 1 vous donne quelques conseils.

Aujourd'hui, le tatouage est devenu un produit de consommation de masse : un Français sur cinq porte un tatouage ou en a déjà porté un, quelque 4.000 à 5.000 studios de tatouages existent en France et environ 10.000 professionnels pratiquent cet art chaque jour. Mais selon Tintin, tatoueur et président du syndicat national des artistes tatoueurs (Snat), invité mardi au micro de Wendy Bouchard, dans Le tour de la question, sur Europe 1, des milliers de personnes exercent également cette profession de manière clandestine. "On compte au minimum 10.000 tatoueurs clandestins avec des pratiques plus ou moins sauvages et empiriques qui officient dans leur garage, dans leur cuisine, en dehors de toute règle d'hygiène", prévient le tatoueur.

Ces clandestins se forment seuls. "Il existe des tutoriels sur Internet", précise Tintin, ajoutant qu'il est désormais facile de se fournir en matériel. "En deux claquements de doigts, on peut acheter en Chine des pigments frelatés pour quelques centaines d'euros", déplore-t-il. "Cela devient un réel problème de santé publique. Certains tatoueurs sont des bouchers qui font n'importe quoi avec la peau des gens". Alors quel critères faut-il prendre en compte avant de se faire tatouer ? Comment bien choisir son tatoueur ? Europe 1 vous livre ses conseils.

Se faire tatouer dans un "shop" 

S'adresser à un tatoueur qui possède une boutique en dur (un "shop") est gage de sûreté, estime Tintin, sur Europe 1. "Si le tatoueur a pignon sur rue et qu'il y a quelque chose qui se passe mal, le lendemain on sait où il se trouve", détaille la star des tatoueurs français qui rappelle, par ailleurs, que le tatouage à domicile est aujourd'hui interdit en France. 

D'autres tatoueurs, réunis dans l'association Tatouage et Partage, proposent de mettre en place un code de déontologie du tatouage. Ces tatoueurs venus du Berry ont plusieurs idées pour encadrer la profession : créer une école de tatouage avec apprentissage libre et gratuit et fixer un prix minimum des tatouages pour éviter que certains ne les bradent. 

>> De 9h à 11h, c’est le tour de la question avec Wendy Bouchard. Retrouvez le replay de l’émission ici

S'assurer des conditions d'hygiène et faire attention au prix

L'hygiène est l'autre critère primordial. Les aiguilles doivent être stérilisées et à usage unique. Et de manière générale, tout doit être fait pour minimiser le risque de contamination. Mieux vaut ainsi éviter de se rendre chez un tatoueur qui pratique avec son chien juste à côté de lui ou qui utilise des aiguilles périmées, alerte Kali, tatoueuse à Paris, rencontré par l'un des reporters d'Europe 1. "Cela peut entraîner des allergies et aussi des maladies graves, hépatite, sida", souligne-t-elle. "Chaque semaine, quinze personnes en moyenne passent ici parce qu'ils ont été brûlés par ces gens-là", complète Kaiser, gérant d'un salon de tatouages à Paris. "Ce sont des tatouages qui ne peuvent pas être récupérés voire couverts car ils sont endommagés".

Le prix peut être également un bon indicateur. Il varie en fonction de la surface de tatouage, de son emplacement et de la complexité du dessin. Mais en moyenne, il faut compter entre 70 et 150 euros par heure de travail. "Les jeunes qui tatouent pour quelques dizaines d'euros ne font pas de stérilisation, ne payent pas de TVA, ne payent pas de loyer, ni de personne à l'accueil", assure Tintin, qui appelle à la méfiance.

Rencontrer plusieurs tatoueurs

L'autre bonne démarche avant d'aller se faire graver la peau est de ne pas hésiter à aller à la rencontre de plusieurs tatoueurs différents pour éviter les déceptions. "Je suis arrivé avec un truc tout près chez le tatoueur", raconte Louis, 32 ans, sur Europe 1. "Mais il a bêtement fait ce que je lui avais demandé sans m'apporter de conseils. Ça a été raté", regrette-t-il.

"Il ne faut pas s'arrêter au premier tatoueur, il faut trouver celui qui nous correspond le mieux", recommande Tintin. "Nous avons un rôle de conseil qui est important. Par exemple, on pourra dire à une personne qui voudrait se remplir de tatouages un peu trop rapidement que ce n'est pas forcément une bonne idée, même si chacun est libre de faire comme il l'entend."

"Mieux vaut réfléchir tranquillement en lien avec son tatoueur pour décider d'un beau motif avec lequel on va vieillir", ajoute sur Europe 1 David Lebreton, sociologue, auteur de Signes d’identité, tatouages, piercing et autres marqueurs. Un dessin gravé à 20 ans dans notre peau, sera toujours présent à 80 ans. Et se faire détatouer n'est pas si simple que ça. "C'est horriblement cher et ça fait horriblement mal", rappelle Tintin. "Alors si l'on choisit de se faire tatouer le nom d'un groupe", conclut le président du Snat, "mieux vaut opter pour Les Beatles que pour Tokyo Hotel".