La proposition de loi Garot, débattue ce mardi à l’Assemblée nationale, entend mieux répartir les médecins dans les déserts médicaux. Mais à plus long terme, un autre défi se dessine : risquera-t-on un jour d’en avoir trop ? L’Ordre des médecins alerte déjà à ce propos. Europe 1 fait le point.
Appel à la prudence
D'abord pour des raisons démographiques, la population française stagne et les naissances baissent puis et la classe des babyboomers va disparaître progressivement dans les prochaines années. D'ici à 2040, il devrait y avoir un peu moins de personnes à soigner, annonce l'Ordre des médecins.
Ensuite, l'Ordre craint que l'on forme des médecins à tour de bras, sans prendre en compte plusieurs paramètres comme l'explosion de la télémédecine ou encore de la place que l'intelligence artificielle aura dans l'avenir.
Par ailleurs, Jean-Marcel Mourgues, président de l'Ordre, rappelle que de plus en plus d'actes ne sont plus réservés uniquement aux médecins. "On parle beaucoup de délégation de tâches, de nouvelles autorisations de prescription des infirmières en pratique avancée. Donc, le médecin a certaines tâches qui sont déjà transférées. Le médecin aura davantage de temps", explique-t-il.
Pour anticiper les besoins, l'Ordre demande au gouvernement d'intégrer toutes ces variables pour établir le nombre de médecins à former pour le système de santé de demain.