Tariq Ramadan entendu à Paris dans le cadre d'une enquête suisse pour viol

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Tariq Ramadan est poursuivi en France pour quatre accusations de viols (photo d'archives).
Tariq Ramadan est poursuivi en France pour quatre accusations de viols (photo d'archives). © Martin BUREAU / AFP
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Poursuivi en Suisse pour un viol présumé commis en 2008, le théologien, mis en examen pour quatre accusations du même type en France et qui fait l'objet d'un contrôle judiciaire strict, a été entendu à Paris par le procureur de Genève, jeudi.

Convoqué à Paris par les juges d’instruction français en présence du procureur de Genève, jeudi, le théologien Tariq Ramadan a été entendu dans le cadre d'une enquête sur un viol présumé commis dans un hôtel suisse, en 2008.

Pour ces faits, une enquête a été ouverte en Suisse en septembre 2018, après la plainte d'une femme assurant que l'islamologue l'a agressée dans un hôtel de Genève en 2008. Une confrontation entre la plaignante et Tariq Ramadan, par ailleurs mis en examen pour quatre viols en France, pourrait désormais avoir lieu à Paris 

Quatre mises en examen depuis 2018

Désormais défendu par deux nouveaux avocats, Me Nabila Asmane et Me Ouadie Elhamamouchi, Tariq Ramadan est poursuivi pour deux viols depuis 2018, qu'il a niés avant de plaider des relations "consenties". En mars dernier, il a été mis en examen pour deux nouveaux viols présumés, des faits dénoncés par des femmes dans un premier temps entendues comme témoins. 

Le théologien est par ailleurs renvoyé devant le tribunal correctionnel pour avoir révélé l'identité d'une des premières plaignantes du dossier dans son livre Devoir de vérité, paru en septembre 2019. Il est également poursuivi en diffamation par Henda Ayari, première femme à avoir déposé plainte contre lui. 

"J’ai eu six mois d’hésitations, d’enfer et de peur"

"Je suis rassurée qu’il y ai quelque chose qui se passe, enfin", a pour sa part réagi la plaignante dans le dossier suisse, interrogée par Europe 1. "Depuis le dépôt de plainte de Mme Ayarai, j’ai eu six mois d’hésitations, d’enfer et de peur avant de déposer ma plainte finalement. Et puis il y’a un moment d’euphorie, on se dit ça y est, c’est fait. Et après on découvre que la justice ne va pas forcément au rythme auquel on aurait pensé", poursuit-elle. Et de conclure : "À force de crier dans le désert, j’ai fini par douter de la justice. Là, c’est comme si le jour se levait".

D'après Me Pascal Garbarini, l’un des avocats de Tariq Ramadan joint par Europe 1, l’islamologue "conteste les faits qui lui sont reprochés, et nie toute relation même consentie" avec cette plaignante. "Il en est ressorti qu’aucune mesure de justice n’a été prise, l’enquête se poursuit et il y aura prochainement une confrontation à laquelle il participera", ajoute-t-il.

Europe 1
Par Salomé Legrand et Margaux Lannuzel