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«Tu sens qu'ils ont peur de dire ce qu'il se passe» : l’angoisse des exilés iraniens, dans l'attente de nouvelles de leurs proches

[Lorena Sopena / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Alors que le régime a tenté d'imposer un "black-out" numérique en Iran, pour contrer les manifestations d'envergure dans le pays, certains exilés parviennent malgré tout à obtenir quelques nouvelles de leurs proches. Non sans inquiétude pour leur sécurité.

"La meilleure nouvelle que chaque iranien attend, c'est de se réveiller un matin et de voir qu'Ali Khamenei est mort". Cette liberté de parole, un architecte iranien la savoure dans un café parisien, alors que dans son pays, plus de 3.400 manifestants ont déjà été tués par les autorités, selon des ONG. 

Lorsque ses proches, en Iran, parviennent à envoyer quelques nouvelles, c'est seulement du bout des lèvres. "Les échanges sont très courts mais très émouvants. Tu sens qu'ils ont peur de dire ce qu'il se passe. Une sorte de retenue, de ne pas donner des infos de peur d'être écoutés", témoigne-t-il. 

La peur persiste dans certaines villes

Cette terreur du régime parvient à essouffler les manifestants dans certaines villes, à Chiraz par exemple, dans le sud du pays. "Cet après-midi, quand j'ai vu que les magasins et les cafés commençaient à être ouverts, que la vie redevenait normale, j'avais un sentiment de désespoir", traduit-il d'un message vocal de l'une de ses amis, qui explique que "si les manifestations s'arrêtent, on a tous peur de cette vague de répression qui pourrait revenir".

Les Iraniens réclament aujourd'hui une intervention américaine, selon lui, pour poursuivre le mouvement qu'ils appellent désormais "révolution". "Sans l’aide de la communauté internationale, on est foutu", assure à ce sujet Mahnaz Shirali, sociologue, politiste et spécialiste de l'Iran, alors que Donald Trump ne cesse d'intensifier ses menaces envers les Mollahs.