Suicide d'Evaëlle, 11 ans : trois collégiens mis en examen pour harcèlement

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Salle de classe
Evaëlle, 11 ans, s'est suicidée après avoir été victime de harcèlement scolaire. © CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Trois adolescents de 13 ans ont été mis en examen pour harcèlement, un an et demi après le suicide d'Evaëlle, une collégienne de 11 ans, à Herblay, en grande banlieue parisienne. La professeur de français de la fillette avait déjà été mise en examen en septembre dernier. Des décisions judiciaires rares dans ce type d'affaires.  

Un an et demi après le suicide d'Evaëlle, une collégienne de 11 ans, trois adolescents de 13 ans ont été mis en examen pour harcèlement, a-t-on appris lundi auprès du parquet de Pontoise, confirmant une information du Parisien. En septembre dernier, fait rarissime, la professeure de français de la fillette avait elle aussi été mise en examen pour harcèlement, avec interdiction d'exercer et obligation de soins. Elève de sixième, Evaëlle s'était suicidée le 25 juin 2019 dans le pavillon familial à Herblay, en grande banlieue parisienne.

Cinq mois plus tard, le parquet de Pontoise ouvrait une information judiciaire contre X pour homicide involontaire et, contre l'enseignante, une quinquagénaire expérimentée, et plusieurs élèves, pour harcèlement moral. 

Le cauchemar d'Evaëlle, décrite comme "précoce et extravertie" par ses parents, avait débuté dès la rentrée 2018. Pour une histoire de cartable trop lourd, un conflit s'était noué avec cette enseignante qui avait fait d'elle sa "tête de turc" et "encouragé" certains de ses camarades à la harceler, selon ses parents.

Une mise en examen des élèves "exceptionnelle" 

La mise en examen des trois élèves, âgés de 11 ans au moment des faits, est "exceptionnelle car ils étaient extrêmement jeunes, mais la juge a estimé à juste titre qu'il y avait suffisamment de charges contre eux", a réagi auprès de l'AFP l'avocate des parents de la fillette, Delphine Meillet. "Le message est clair : cela signifie que se moquer violemment d'une enfant peut entraîner des conséquences très graves pour les moqueurs", a-t-elle ajouté.

Pendant des mois, les parents de la collégienne ont alerté la direction de l'établissement, puis l'inspection académique. L'Education nationale a indemnisé la famille au titre du préjudice moral, selon le rectorat de Versailles, en échange de l'abandon d'éventuelles poursuites envers l'État.

Le 5 novembre, journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire, un hommage a été rendu à Evaëlle dans le collège où elle était scolarisée.