SMS, Bluetooth, GPS : les conducteurs européens dangereusement inattentifs

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L'inattention au volant est identifiée comme la première cause de mortalité routière par les conducteurs européens, selon un sondage Ipsos pour la Fondation Vinci Autoroute publié vendredi 19 avril 2019.
L'inattention au volant est identifiée comme la première cause de mortalité routière par les conducteurs européens, selon un sondage Ipsos pour la Fondation Vinci Autoroute publié vendredi 19 avril 2019. © JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
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Pour la première fois, les automobilistes européens reconnaissent l'inattention au volant comme la première cause de mortalité routière, selon un sondage Ipsos pour la Fondation Vinci Autoroutes publié vendredi.

"L'enfer, c'est les autres". La célèbre réplique de Jean-Paul Sartre dans sa pièce "Huis clos" s'applique à merveille sur la route, où excès de confiance et autosatisfaction règnent en maître chez les conducteurs européens, selon une étude publiée vendredi. Les automobilistes de onze pays (France, Allemagne, Belgique, Espagne, Grande-Bretagne, Italie, Suède, Grèce, Pologne, Pays-Bas, Slovaquie) ont été interrogés sur leurs habitudes de conduite à l'occasion du 6ème baromètre européen de la conduite responsable réalisé par Ipsos pour la Fondation Vinci Autoroutes.

Un conducteur sur quatre écrit des SMS au volant. Pour la première fois, l'inattention au volant est identifiée par les Européens comme la première cause de la mortalité routière (54%), devant la conduite sous l'emprise d'alcool ou de stupéfiants et la vitesse. Smartphones, GPS, kit mains libres, oreillettes Bluetooth: ces dernières années, les objets connectés sont venus polluer la conduite. Si la conscience des risques a progressé, les mauvais comportements perdurent. Ainsi, si 97% sont unanimes pour juger qu'il est dangereux d'écrire des SMS au volant, ils sont près d'un sur quatre à le faire (24%).

Interrogés sur ce paradoxe, "les conducteurs répondent qu'ils maîtrisent leur conduite et connaissent leurs limites ou ne pas avoir pensé au danger", observe Bernadette Moreau, déléguée générale de la fondation, dénonçant un "excès de confiance patent". En effet, 11% des sondés concèdent avoir déjà eu ou failli avoir un accident après avoir utilisé leur téléphone au volant.

Les Britanniques et les Espagnols plus prudents. "L'hyperconnexion est entrée dans les voitures depuis longtemps, mais ce qui est inquiétant c'est que ça continue, malgré les campagnes de sensibilisation", souligne la déléguée générale. "Les conducteurs ont du mal à considérer que, dans leur voiture, ils doivent donner la priorité à la conduite". Adeptes du Bluetooth, les Grecs et les Italiens (60%), ainsi que les Polonais, dont plus de la moitié paramètre son GPS au volant (57%), sont les plus indisciplinés, alors que Britanniques et Espagnols sont les plus prudents.