Seine-et-Marne : fermée sous l'état d'urgence, la mosquée de Torcy a rouvert

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© JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
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La mosquée a rouvert vendredi avec à sa tête une nouvelle association et un nouvel imam.

Fermée dans le cadre de l'état d'urgence en raison des prêches radicaux de ses imams, la mosquée de Torcy, dans la Seine-et-Marne, a rouvert vendredi avec à sa tête une nouvelle association et un nouvel imam. "Le culte a repris à 13H. Deux-cent cinquante personnes ont participé à la prière, tout s'est très bien passé", a précisé la préfecture. "Une nouvelle association a repris le flambeau, il y a un nouvel imam, la mairie est impliquée : toutes les conditions étaient réunies pour la réouverture". "Les mêmes conditions ne sont pas réunies à Lagny-sur-Marne", ville voisine de Disneyland Paris qui abrite la première salle de prière "radicale" fermée après les attentats de novembre 2015, a ajouté la préfecture.

Incitations au djihad par le passé. La mosquée de Torcy, qui pouvait accueillir jusqu'à 500 fidèles, avait fait l'objet d'un arrêté de fermeture administrative en avril 2017 au motif qu'elle était devenue depuis plusieurs années "un lieu de culte où étaient prônées une idéologie radicale ainsi que des incitations au djihad". L'imam, professeur de mathématiques au lycée Jean-Moulin de Torcy, avait dans la foulée été suspendu de son poste par l'Education nationale. Fin décembre, une commission composée de magistrats a par ailleurs donné son feu vert à l'expulsion de l'imam adjoint, un Marocain de 50 ans, accusé d'avoir "légitimé le djihad" dans ses prêches.

Selon l'arrêté de fermeture du lieu de culte, les deux imams auraient aussi "apporté leur soutien aux fidèles de la mosquée mis en cause dans le cadre du démantèlement de la cellule terroriste dite de Cannes-Torcy", dont le procès-fleuve s'est tenu au printemps à Paris. Fin 2016, 275 personnes étaient suivies en Seine-et-Marne dans le cadre de la lutte contre la radicalisation violente, et une dizaine assignées à résidence, selon une source judiciaire, contre cinq en Seine-Saint-Denis à titre d'exemple. Vendredi, la préfecture s'est contentée de déclarer qu'elle "avait constaté une baisse sensible des signalements" d'individus radicalisés.