Saint-Ouen : la mairie de la ville met en place les congés menstruels pour les femmes
Les congés menstruels, une mesure souvent réclamée par les collectifs féministes pour améliorer la vie des femmes au travail, vont être essayés par la mairie de Saint-Ouen. Une avancée qui permettrait à celles présentant un certificat médical pour des règles douloureuses ou de l'endométriose, de choisir le télétravail ou les jours de congés.
Les règles douloureuses ou l'endométriose , une maladie qui touche 10% des femmes en France, peuvent être handicapantes dans le monde professionnel. C'est pourquoi la mairie socialiste de Saint-Ouen met en place les jours de congés menstruels, pour celles qui présenteront un certificat médical attestant de règles douloureuses ou d'être atteintes d'une maladie chronique .
C'est le cas d'Ariane Tricot qui tous les 28 jours souffre de douleurs insupportables dans le bas du ventre et peine même à se déplacer. La directrice de l'action culturelle de la ville n'a souvent d'autre choix que de s'allonger ou prendre de puissants médicaments.
"Les règles ne sont plus tabou"
"On vient travailler en faisant comme si de rien n'était, mais en fait, on gère la douleur. Et on ne gère pas forcément bien quand on n'est pas dans les bonnes conditions", admet Ariane Tricot. Pour elle, "pouvoir bénéficier de cette nouvelle mesure, ça va concrètement améliorer la vie des femmes qui bossent pour la ville de Saint-Ouen".
Comme cette dernière, environ 500 agents sur 1.200 pourraient bénéficier de ce congé menstruel, le fruit d'un travail de plusieurs mois, en concertation avec des associations féministes.
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Le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, explique sa démarche. "Il y a vraiment une prise de conscience. Les règles ne sont plus tabou . Il faut que ce soit un sujet, comme lorsqu'on dit 'aujourd'hui, je suis en télétravail parce que je suis en garde d'enfant', 'aujourd'hui, je suis en autorisation spéciale d'absence parce que j'ai mes règles', c'est aussi simple que ça."
Enfin, s'il est tôt pour estimer le cout de la mesure, comme le concède Karim Bouamrane, il confie avoir reçu de nombreux appels de confrères et consœurs d'autres communes qui devraient bientôt suivre ses pas, selon lui.