Robert Bourgi, dont les dons vestimentaires à François Fillon nourrissent l'enquête visant le candidat de la droite , a été entendu comme témoin mardi en fin de journée au procès "Carlos" . Il avait refusé de se présenter dans un premier temps afin notamment de ne pas "polluer" les débats, comme l'avait expliqué sa femme.
L'avocat franco-libanais, pilier controversé de la "Françafrique" , était appelé à témoigner au procès du Vénézuélien "Carlos" , poursuivi pour l'attentat du drugstore Publicis du boulevard Saint-Germain, le 15 septembre 1974 à Paris. Lui et sa femme se trouvaient en effet au drugstore quand un attentat à la grenade a fait deux morts et 34 blessés .
"Ma femme m'a dit : 'Regarde ce fou, il vient de jeter son café'", a raconté Robert Bourgi à l'audience qui, comme sa femme, a identifié des années plus tard Carlos sur photos. "Le temps de me retourner et de voir le personnage qui s'enfuyait, ça a éclaté". "Et aujourd'hui, vous le reconnaissez", lui demanda le président. "Oh oui alors. Vous avez vieilli mais à l'identique, vous avez le même faciès", a répondu Robert Bourgi en regardant Carlos.
Au cœur d'un "battage médiatique". Catherine Bourgi, son épouse, a elle été entendue mardi matin. Robert Bourgi avait transmis à la Cour un certificat médical selon lequel il était "immobilisé" pour une période de quinze jours en raison de son "état de santé". Sa femme, qui a précisé qu'il souffrait d'une "bronchite sévère", avait toutefois reconnu que son absence était également liée au fait qu'il se retrouvait "au cœur d'un battage médiatique".
Aucune question liée à "l'affaire Fillon". Le président de la Cour avait alors indiqué qu'il allait réfléchir à des modalités permettant à l'avocat de venir témoigner un autre jour en toute confidentialité, et avec la garantie qu'aucune question liée à l'affaire Fillon ne lui soit posée.