Que répondre aux enfants qui se posent des questions sur le Père Noël ?

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© AFP
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Cette question taraude de nombreux parents au moment des fêtes. Voici quelques éléments de réponse. 

"Le Père Noël est un mythe, pas un mensonge", écrivait la psychanalyste Françoise Dolto. Mais que répondre aux enfants qui s’interrogent sur l’existence du gros bonhomme en rouge ? Deux spécialistes de l’enfance livrent quelques clés pour discuter avec vos enfants.

A quel âge les enfants arrêtent-ils de croire au Père Noël ? "En général, la majorité des enfants qui ne croient plus au Père Noël sont les enfants qui entrent à l’école primaire", explique d’emblée le psychiatre pour enfants Stéphane Clerget. Pour ces enfants qui ont entre 6 et 7 ans, "c’est le moment où ils font bien la différence entre le monde imaginaire et le monde réel". "C’est l’âge où leurs camarades vont leur dire que le Père Noël n’existe pas".

" A partir du moment où il pose la question, c’est qu’il est prêt à entendre la réponse. "

Si votre enfant vous demande si le Père Noël existe, que doit-on lui dire ? Avec l’entrée à l’école primaire, les rumeurs deviendront très vite insistantes. Mais que dire à votre enfant s’il vous pose cette question très franchement : 'Dis, Maman, dis Papa, il existe en vrai le père Noël ?' "La réponse classique est 'Qu’est-ce que tu en penses ?", avance l’auteur du Pédopsy en poche (Éditions Marabout). "S’il vous pose la question, il pense déjà qu’il est possible que ce ne soit qu’un mythe. A partir du moment où il pose la question, c’est qu’il est prêt à entendre la réponse".

"Je pense qu’il faut répondre aux questions des enfants sans pour autant précéder leurs interrogations", commente Daniel Marcelli, professeur de psychiatrie de l’enfant et l’adolescent. "Le Père Noël existe pour ceux qui y croient. Voilà une réponse que vous pouvez formuler", conseille Stéphane Clerget. "Il faut réussir à faire comprendre à l’enfant que Noël est un peu une vérité pour de faux, comme le sont les mythes".

Et si votre enfant prend mal la vérité ? Il n’est pas rare de voir des enfants très mal à l’aise avec cette vérité. "Il ne faut surtout pas qu’il ait l’impression qu’on s’est moqué de lui", poursuit Stéphane Clerget. "Il faut l’aider à entrer dans le monde métaphorique. On peut lui expliquer que c’est une histoire qu’on raconte aux enfants depuis très longtemps mais qu’aujourd’hui, il est grand et libre à lui de croire ou non à ce joli conte".

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Comment faire si l’enfant persiste dans sa croyance ? "J’ai déjà eu des cas d’enfants qui continuaient à croire au Père Noël jusqu’au collège", raconte le psychiatre pour enfants Stéphane Clerget. "C’est assez intéressant de voir qu’ils en font presque une idéologie. Cela traduit évidemment une attache à la petite enfance. Ce sont souvent des enfants qui aiment le repli dans l’imaginaire. Si c’est un choix, laissons-leur. Après, à eux d’assumer les critiques. Mais il ne faut pas en tant que parent, l’entretenir. Ni dans un sens ni dans l’autre".

Comment préserver le secret pour les plus petits ? "Chaque fois que les parents veulent mettre leur nez dans les histoires fraternelles, ils font en général des erreurs. Il faut donc les laisser gérer seul leurs affaires", estime Daniel Marcelli, auteur d’Avoir la rage, du besoin de créer à l’envie de détruire (Éditions Albin Michel).

"La plupart des enfants qui sont dans la confidence jouent souvent très bien le jeu", assure de son côté Stéphane Clerget. "A l’instar des nouveaux convertis, ils en font même des tonnes. Ils donnent énormément de détails". Mais si vous sentez que votre enfant veut révéler le pot aux roses, vous pouvez lui dire simplement : 'Ton petit frère ou ta petite sœur a besoin d’y croire. Ça leur fait plaisir, inutile de leur dire'."