Professeur Michel Reynaud : "Le vin est aussi un instrument de malheur"

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En réponse au ministre de l'Agriculture, le président du Fonds Actions Addictions, estime au micro de Matthieu Belliard sur Europe 1, que l'"on se tire une balle dans le pied pour la santé" en incitant à la consommation d'alcool.
INTERVIEW

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume n'y est pas allé avec modération. Après avoir estimé que "le vin n'est pas un alcool comme les autres" sur BFMTV la semaine dernière, il a appuyé son propos sur Europe 1, mercredi matin : "Une molécule de vin et une molécule de whisky ont le même degré d'alcool, sauf que moi je ne bois pas des molécules, je bois des verres." "Le vin est un produit de bonheur", a-t-il même déclaré sur franceinfo.

"Le vin est un instrument de bonheur, c'est vrai. Mais..." Pour le professeur Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions et fondateur du site "Addict Aide", nous sommes face à "un tragique de répétition". "Le vin est un instrument de bonheur, c'est vrai. Ça fait partie du plaisir, ça fait partie de la culture et personne ne cherche à le nier. Mais c'est aussi un instrument de malheur, c'est un produit de malheur", juge-t-il au micro de Matthieu Belliard sur Europe 1. Selon lui, c'est "le rôle des pouvoirs publics de tenir cette position".

Michel Reynaud condamne notamment "le fait d'occulter, de cacher et même de mentir quand on dit que le vin n'est pas un alcool comme les autres". "Quand on dit que les jeunes ne s'enivrent pas au vin, c'est abominablement faux." S'il salue le fait "que le ministre de l'Agriculture défende l'agriculture", il réclame que cela ne soit pas fait "en cachant les difficultés que peuvent avoir un certain nombre de gens et les souffrances des familles".

>> De 17h à 20h, c’est le grand journal du soir avec Matthieu Belliard sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Les producteurs ne doivent "pas valoriser l'ivresse". Le président du Fonds Actions Addictions rappelle que "le risque est limité" pour "les trois-quarts des Français qui boivent moins de trois verres par jour". En contrepartie, "les 20% qui boivent au-delà de quatre verres par jour" sont particulièrement touchés par "les maladies, les violences, les souffrances".

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau