Procès Merah : Fettah Malki "n'est pas un terroriste", assure son ex-compagne

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Christelle Clauzel, ex-compagne de Fettah Malki, a témoigné lundi devant la cour d'assise de Paris. © JACQUES DEMARTHON / AFP
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L'ancienne compagne de Fettah Malki, fournisseur d'armes de Mohamed Merah, a réfuté toute accusation d'entreprise terroriste à son encontre. 

"C'est pas un terroriste" : l'ex-compagne de Fettah Malki, jugé au côté d'Abdelkader Merah devant la cour d'assises de Paris, a raconté lundi sa relation avec l'accusé et comment elle a enterré à sa demande l'une des armes utilisées par Mohamed Merah. "C'est pas un terroriste, quelqu'un qui tue des gens. C'est quelqu'un qui essayait de faire des sous. Il revendait de la drogue, des voitures. Dans la vie, on essaye tous de s'en sortir comme on peut", a expliqué à la cour Christelle Clauzel, ex-auxiliaire de vie de 43 ans, à l'ouverture de la quatrième semaine du procès Merah. "Il n'était pas dans la religion" comme les frères Merah, a-t-elle ajouté.

 

"Un soir, il m'a demandé de cacher des armes". Petit délinquant, Fettah Malki, 34 ans, est accusé d'avoir fourni un gilet pare-balles et un pistolet-mitrailleur Uzi utilisés par Mohamed Merah des dans le cadre des sept assassinats commis en mars 2012. Il est jugé pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et risque 20 ans de prison. Mère de six enfants qu'elle a eus avec six pères différents, dont une fille avec Fettah Malki, Christelle Clauzel, frêle jeune femme blonde de 43 ans, a témoigné avoir connu l'accusé lorsqu'il avait 15 ans et était son voisin à la cité des Izards de Toulouse.

Sur leur couple, elle parle d'une "relation chaotique". "On se disputait souvent, il pouvait être violent", explique-t-elle. "Il habitait chez sa mère et venait me voir de temps en temps, sans prévenir, souvent la nuit", dit-elle. "Un soir, il m'a demandé de cacher des armes. Il les avait achetées pour les revendre plus cher", explique-t-elle.

"J'avais peur de lui". "Et vous ne vous posez pas de questions, cela peut paraître surréaliste", lui lance le président. "Quand il me demandait un truc, je le faisais, quand il élevait la voix, j'avais peur de lui", dit-elle. Quand elle les déterre longtemps plus tard à la demande de Malki, elle constate qu'elles sont "humides, esquintées", et tente de les nettoyer avec un antirouille. Le 27 février, soit deux semaines avant le premier meurtre, celui du parachutiste Imad Ibn Ziaten, Merah récupère le pistolet-mitrailleur Uzi. Christelle Clauzel a également caché chez elle le gilet pare-balles, volé dans un commissariat en août 2011 et remis par Malki à Merah, qui le portait lors de l'assaut de son domicile par la police.

Après les tueries de Merah, Fettah Malki "a supposé" que l'arme remise à Mohamed Merah "avait servi à tuer" et m'"a demandé de ne pas en parler", a-t-elle dit, laissant entendre que son ex-compagnon ignorait les intentions du tueur.