Procès de Georges Tron : une ex-collaboratrice se dit "également victime"

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Alors qu'elle le défendait au début de l'enquête, une ex-attachée parlementaire de l'ancien secrétaire d'État, le qualifie désormais de "gourou".
DANS LA SALLE D'AUDIENCE

"Je suis victime non reconnue": une ex-attachée parlementaire de Georges Tron, jugé pour viols aux assises à Bobigny, a affirmé jeudi avoir elle aussi été agressée par l'élu, qu'elle défendait au début de l'enquête et qualifie désormais de "gourou". Le procès de l'ancien secrétaire d'État et actuel maire de Draveil, dans l'Essonne, et de son ex-adjointe Brigitte Gruel a démarré mardi. Il est prévu pour durer trois semaines, mais jeudi, au troisième jour du procès, une femme, à la barre, premier témoin à charge, qui a fait une véritable révélation. 

Elle affirme avoir subi trois agressions de la part de l'élu. C'est une femme écorchée vive qui est apparue sur l'écran géant de la cour d'assises. "Je suis également victime non reconnue", lance dès le début celle qui témoigne à distance par visioconférence. Dans la foulée, elle affirme avoir subi trois scènes d'agressions sexuelles par Georges Tron, dont deux en présence de sa co-accusée, Brigitte Gruel. C'est une révélation puisque jusqu'ici, cette ex-collaboratrice n'avait évoqué dans l'enquête qu'un seul épisode d'attouchements dans le bureau du maire. 

Une femme devenue attachée parlementaire. Elle explique avoir sollicité Georges Tron dans sa permanence parlementaire en 2005 alors que son ménage avait des difficultés financières. Embauchée comme secrétaire à la mairie, elle était par la suite devenue attachée parlementaire du député-maire. Elle affirme que, député (1993-2010, 2011-2012), Georges Tron recevait souvent des "femmes seules ou en situation de divorce" à sa permanence et mettait en avant sa pratique de la réflexologie plantaire "pour appâter ses victimes, ses proies". Elle confirme que le maire de Draveil lui avait donné l'ordre d'aller intimider l'une des plaignantes, qui commençait à se répandre en ville. 

"Mes ennemis je les tue". "J'ai suivi le mouvement comme beaucoup d'autres", justifie-t-elle, assimilant la mairie à une "secte", dirigée par un "gourou" qui proférerait des menaces. Comme ce jour où Georges Tron lui aurait dit "rappelles-toi où sont tes amis, parce-que mes ennemis, je le tue". Un témoignage à charge contre les accusés de la part d'une femme qui est en conflit ouvert désormais avec la mairie de Draveil. En arrêt maladie depuis 2012, "toujours dans les effectifs de la mairie de Draveil, sans salaire depuis un an", elle évoque aussi un "harcèlement moral très violent". "Je souhaiterais que ma plainte aboutisse, que Georges Tron soit entendu", insiste la quadragénaire, parfois véhémente au cours de ces près de quatre heures d'audition.

Pendant l'enquête, elle avait critiqué et décrédibilisé la parole d'une plaignante. Aujourd'hui, à la barre, elle déclare ne pas remettre en doute sa parole. Si elle n'a pas dénoncé plus tôt toutes les agressions dont elle parle aujourd'hui, c'est parce qu'elle était "dans le déni" et qu'elle ne voulait pas "faire partie de quelque complot que ce soit".