Pourquoi les températures sont-elles (rarement) dans les normales de saison ?

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VIDÉO - Si on peut avoir l'impression qu'il fait toujours trop chaud ou trop froid, trop pluvieux ou trop venteux, la réalité est plus nuancée. Mais connaître les "normales" est indispensable, rappelle Valérie Darmon, spécialiste météo d'Europe 1.

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Quel temps faisait-il en janvier, l'année dernière ? Et en janvier 2012 ? Vous ne vous en souvenez sans doute pas mais les spécialistes de Météo France gardent toute cette mémoire en stock pour construire ces données évoquées à chaque bulletin météo : les "normales de saison" ! Des normales dont on a l'impression qu'elles sont rarement... normales. Mais détrompez-vous ! "On est 'rarement' dans les normales de saison lorsqu’il s’agit d’une vague, une vague de chaleur ou alors une vague de froid bien évidemment. Sinon, ça se joue à très, très peu de degrés ! L’année 2018, on sait que c’est l’année la plus chaude depuis le début des mesures de Météo France, depuis 1900. Et encore, ce n’est que 2,6°. Alors, vous allez me dire : ‘à l’échelle du climat, c’est beaucoup’. Mais quand on l’a vécu, on ne l’a pas vraiment ressenti. Donc, c’est vraiment une impression plus qu’une réalité", décrypte la spécialiste "météo" d'Europe 1 Valérie Darmon.

Qui calcule ces "normales" de saison ? C'est le rôle de Météo France. "Comment ? En se basant sur une période de 30 ans. Actuellement par exemple, on est en train de se baser sur des données recueillies depuis 1981 jusqu’à 2010. Et puis ils étudient des données par dizaine de jours, c’est-à-dire chaque mois : du 1er au 10, du 10 au 20, du 20 à la fin du mois, en se basant sur les 50 stations météo qui sont reparties sur tout le territoire. Ils font alors donc une moyenne ou des normales, c’est un tout petit peu plus affiné. Et moi, comme tous les présentateurs météo, je l’utilise comme une jauge, comme un indicateur, comme un référentiel. On est tous obligé de se baser sur quelque chose pour savoir où nous en sommes lorsque nous parlons des températures", ajoute Valérie Darmon.

Des "normales" malgré le changement climatique. Et rassurez-vous, ces "normales" ne sont pas gravées dans le marbre. "Elles sont toujours réévaluées, tous les 10 ans par Météo France. Donc, elles suivent l’évolution du climat. Donc, elles auront toujours du sens. On aura toujours besoin de ce référentiel. Et on en aura peut-être même besoin plus qu’avant !", conclut Valérie Darmon.

Sur une idée de Rémi Duchemin

Images et montage : Guillaume Cloarec avec Agathe Deschamps