Pour la première fois, un Français jugé pour "complicité d’agressions sexuelles" en live-streaming

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Le suspect aurait effectué des dizaines de virements pour recevoir des vidéos de viols d'enfants.
Le suspect aurait effectué des dizaines de virements pour recevoir des vidéos de viols d'enfants. © JACQUES DEMARTHON / AFP
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L'homme est accusé d'avoir commandé aux Philippines des vidéos d’agressions sexuelles d'enfants, qu'il pouvait visionner en direct.

Un pilote de ligne français de 50 ans a été renvoyé le 23 mai devant le tribunal correctionnel pour "complicité d’agressions sexuelles" dans une affaire de live-streaming, une première en France, indique Le Parisien. Il est notamment accusé d’avoir commandé à des intermédiaires philippins, pour quelques dizaines d’euros, des vidéos de viols d’enfants, qu’il pouvait ensuite regarder en direct sur Internet.

L'homme a d’abord été identifié par un agent infiltré du FBI en 2010, après lui avoir envoyé des images explicites impliquant des enfants. Par la suite, les enquêteurs ont découvert sur ses relevés bancaires des dizaines de virements, en général de 30 euros, à destination de femmes installées aux Philippines. Après l’interpellation du suspect, en août 2014, l’exploitation de son matériel informatique a permis de mettre au jour des conversations sur Skype, lors desquels il passait commande de vidéos d’agressions sexuelles, parfois sur des mineures de moins de 10 ans, le tout agrémenté de nombreuses indications sordides, précise le quotidien francilien.

Les dénégations du suspect

Devant la justice, l’individu a assuré avoir souvent versé de l’argent sans recevoir les fameuses vidéos, et que celles qu’il avait pu visionner relevaient de la simulation. "Par exemple, au lieu de mettre un doigt, elle courbait le doigt pour que l’on croie qu’il y avait une pénétration alors qu’il n’y en avait pas", a-t-il déclaré selon des propos rapportés par Le Parisien. Dans la mesure ou la justice n’a pu se procurer ses fameuses vidéos, et établir s’il y avait eu pénétration ou non, le suspect a pu échapper aux assises. "Mais cela reste un progrès significatif", s'est toutefois félicité Me Emmanuel Daoud, l’avocat de l’Ecpat, association qui combat l’exploitation sexuelle des enfants.