Pour Hélène Darroze, "on ne peut pas rouvrir les restaurants du jour au lendemain"

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Hélène Darroze 0:56
Hélène Darroze est l'une des meilleures cuisinières au monde, triplement étoilée au guide Michelin. © Europe 1
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La cheffe cuisinière triplement étoilée Hélène Darroze était l'invitée de l'émission "La France Bouge" sur Europe 1. L'occasion pour la célèbre jury de "Top Chef" de rappeler qu'il est très difficile de se projeter sur une éventuelle réouverture des restaurants, fermés depuis plus de quatre mois. 
INTERVIEW

C'est l'une des meilleures cheffes cuisinières qui a livré ses sentiments sur la situation des restaurateurs face à la crise sanitaire du Covid-19, mardi au micro d'Europe 1. Hélène Darroze, désormais triplement étoilée, était l'invitée d'Elisabeth Assayag et Emmanuel Duteil dans l'émission La France Bouge. Pour elle, bien qu'il soit "trop tôt pour avoir de la visibilité" en France, les restaurants "ne peuvent pas rouvrir du jour au lendemain après autant de mois de fermeture". 

"Rouvrir seulement le midi, ce n'est pas rentable pour nous"

Pour la célèbre jury de l'émission Top Chef sur M6, "il faudra réagir" lors des réouvertures afin d'être prêts. Au Royaume-Uni, où la cheffe tient un restaurant, l'accueil des clients est planifié pour le 18 mai prochain. Mais en France, rien n'est prévu pour le moment. La réouverture sera cependant sûrement soumise à des conditions sanitaires stricts.

Et lorsqu'on lui demande si une ouverture resterait rentable avec des mesures sanitaires dures, la cheffe rétorque : "ça dépend !". "S'il ne faut rouvrir que le midi, je peux vous assurer que pour des restaurants gastronomiques comme les nôtres, ce n'est pas rentable du tout", poursuit-elle. Et le questionnement est le même concernant la période de réouverture : "Si c'est mi-juin comme l'année dernière, pour des restaurants parisiens gastronomiques, ça va être très compliqué aussi. Les Parisiens vont partir très vite en vacances et il n'y aura pas de clientèle touristique".

Elle nuance néanmoins en évoquant son restaurant gastronomique, Marsan. "Les tables sont très éloignées les unes des autres. Donc moi, je ne perds pas de couverts avec ce qu'on appelle la salle à manger", explique-t-elle. 

La tradition du partage

Cependant, Hélène Darroze place sa cuisine sous le signe du "partage" et de "l'émotion". La cheffe craint pour son restaurant bistronomique, où les tables sont très serrées, mais également pour sa table d'hôtes qui peut accueillir 24 convives en même temps. Là encore, rien ne pourrait faire flancher le moral de la cheffe : elle peut toujours se rattraper avec l'ouverture des terrasses qui, selon elle, "était super et peut être renouvelée". 

Hélène Darroze place maintenant tous ses espoirs sur la vaccination contre le Covid-19 pour, dit-elle, "retrouver une vie comme avant voire mieux qu'avant". "Je trouve qu'au contraire, on a de plus en plus envie de partager. On a de plus en plus envie d'échanger que ce soit autour d'une table ou ailleurs", souligne la cheffe.

Europe 1
Par Manon Bernard