policiers marseille @CLEMENT MAHOUDEAU / AFP 2:10
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avec Gauthier Delomez et AFP , modifié à
Lors d'une opération antidrogue, des forces de l'ordre ont été la cible d'un groupe d'individus dans une cité des quartiers nord de Marseille. L'un d'eux a été blessé à la tête. Sur Europe 1, le syndicaliste Matthieu Valet explique la difficulté d'intervenir dans ces situations.
INTERVIEW

Des forces de l'ordre ont été pris à partie par plusieurs personnes, lundi après-midi, à Marseille, lors d'une opération antidrogue dans la cité Frais-Vallon au nord de la ville. La brigade spécialisée de terrain (BST) venait d'interpeller un homme soupçonné d'être un trafiquant. Les policiers ont alors été assaillis par un groupe d'une dizaine d'individus. L'homme interpellé est parvenu à s'enfuir et l'un des policiers a été blessé à l'arrière du crâne par un coup de bâton. Pour Matthieu Valet, secrétaire national adjoint du syndicat indépendant des commissaires de police (SICP), "l'uniforme n'est plus respecté dans ces quartiers", déclare-t-il sur Europe 1, mardi.

Une semaine après la venue d'Emmanuel Macron à Marseille

Le syndicaliste regrette que cela se soit passé seulement une semaine après la venue du président Emmanuel Macron dans la cité phocéenne. "Les policiers sont tous les jours dans ces quartiers. La différence est que d'habitude, les interventions ne sont pas trop compliquées, ça ne se passe pas comme cela. Là, on a un policier qui a été sérieusement blessé. On est passé à côté d'un drame", affirme Matthieu Valet.

Dans une telle situation, les policiers n'auraient pas pu faire usage de leur arme, selon le syndicaliste. "La consigne, c'est d'abord de se protéger soi-même et ses collègues. L'arme est l'ultime recours lorsque toutes les conditions de la légitime défense sont réunies. Mais aujourd'hui, on pointe facilement l'action des policiers."

Ne pas que le sentiment d'impunité grandisse

Parmi le groupe de personnes qui a agressé les forces de l'ordre, deux d'entre elles ont été interpellées, mais le principal suspect et son complice responsable des violences aggravées sont activement recherchés. Une enquête a d'ailleurs été ouverte et les policiers agressés veulent que les auteurs soient retrouvés rapidement pour ne pas que le sentiment d'impunité des voyous grandisse dans cette cité des quartiers nord de Marseille.

"Tous les jours, mes collègues sont sur le terrain et sont pris à partie, ils tombent dans des guet-apens", pointe Matthieu Valet. "Malgré les difficultés du métier, malgré tout cette dangerosité, ils restent motivés et mobilisés", affirme-t-il. Au total, 200 policiers initialement attendus d'ici fin 2023 arriveront dès 2022 à Marseille et s'ajouteront aux 100 déjà arrivés en 2021.