Pétition pour le climat : "ce n’est pas à des juges de forcer le gouvernement à prendre une loi", réplique de Rugy

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :

Le ministre de la Transition écologique répond mercredi dans les pages du "Parisien" à la pétition pour le climat en minimisant sa portée.

Alors que la pétition contre l'inaction climatique de l'Etat français, "L'affaire du siècle", rencontre un franc succès, le ministre de la Transition écologique François de Rugy prend la parole jeudi dans Le Parisien pour répondre à cette initiative. S'il se réjouit de voir autant de Français exprimer "la voix du climat", il n'approuve pas l'objectif de ces signatures : "ce n’est pas dans un tribunal qu’on va faire baisser les émissions de gaz à effet de serre". 

"Ce n'est pas le sens de nos institutions". Jeudi, la pétition avait récolté 1,73 million de soutiens, un chiffre proche de l'objectif de 2 millions de signatures. "Je suis heureux que les citoyens s’expriment pour lutter contre le dérèglement climatique" car "sur ce sujet, le pire ennemi, c’est l’inertie", estime le ministre.

Mais le soutien de François de Rugy s'arrête là. "L'affaire du siècle" accuse l'Etat de faire preuve d'inaction climatique et lui laisse deux mois pour répondre. A défaut, les quatre ONG à l'initiative de cette action lanceront un recours en justice devant le tribunal administratif de Paris. Or, pour François de Rugy, "ce n’est pas dans un tribunal qu’on va faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est pas à des juges de forcer le gouvernement à prendre une loi, ce n’est pas le sens de nos institutions". Le ministre minimise aussi cette action, plus "un levier politique" selon lui qu'un "réel recours en justice".

A cause du précédent gouvernement. "La France a pris un retard conséquent. D’aveu public, elle n’atteint pas ses objectifs sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre", avance le texte de la pétition ? Le ministre de la Transition écologique dément. Les émissions de gaz à effet de serre ont globalement baissé "depuis 30 ans". Et si elles sont reparties à la hausse depuis 2017, c'est à cause du précédent gouvernement : "nous ne sommes pas sur la trajectoire de réduction fixée en 2016 par le précédent gouvernement, notamment parce qu’il n’avait pas mis en œuvre les mesures nécessaires pour atteindre ces objectifs".