Octobre rose : "Nous devons faire mieux, dépister les cancers plus tôt et diminuer la mortalité"

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L'oncologue Suzette Delalogue, invitée sur Europe 1 mardi matin, a détaillé l'étude européenne qu'elle coordonne sur le dépistage individualisé du cancer du sein.
INTERVIEW

Octobre rose, une campagne de sensibilisation au cancer du sein durant un mois, débute ce mardi. Pour l’occasion, Suzette Delalogue, oncologue à Gustave-Roussy, était l’invitée d’Europe 1 mardi matin. Elle a notamment évoqué MyPebs, l’étude européenne pour un dépistage personnalisé du cancer du sein, dont elle est coordinatrice.

Vers un dépistage personnalisé

Il est actuellement recommandé, en France, aux femmes de plus de 50 ans, de faire une mammographie tous les deux ans jusqu’à l’âge de 74 ans. Concernant les femmes entre 40 et 50 ans, le dépistage est individuel : il n’existe donc pas de programme organisé. "Le dépistage est bien mais il a été développé il y a plus de vingt ans. Aujourd’hui, nous avons clairement besoin d’évoluer, a affirmé Suzette Delalogue sur Europe 1. Nous devons faire mieux, dépister plus tôt les cancers, diminuer la mortalité qui est de 12.000 femmes par an en France, et moins embêter les femmes qui n’auront jamais de cancer". L’oncologue rappelle qu’une femme sur cinq aura une biopsie pour une anomalie qui se révélera être bénigne.

Le cancer du sein peut être guéri dans 9 cas sur 10, "s’il est détecté tôt", relève toutefois l’oncologue. Pour tenter d’améliorer le dépistage, une étude est menée à l’échelle européenne, sur le dépistage personnalisé. "Au lieu de faire une mammographie pour tout le monde, selon l’âge, l’idée est de s’adapter en fonction du risque individuel de chaque personne de développer un cancer".

10 à 15% de sur-diagnostics

L’étude porte sur 85.000 femmes, dont 20.000 en France, qui doivent remplir un questionnaire en ligne. Elles sont ensuite tirées au sort pour, soit continuer pendant quatre ans le dépistage normal, soit faire des dépistages personnalisés. Dans ce dernier cas, leur score de risque individuel de développer un cancer du sein, est évalué. "Nous leur demandons un échantillon de salive pour réaliser un test génétique, et puis nous utilisons leur histoire familial et un certain nombre d’autres critères, détaille Suzette Delalogue. On conseille ensuite aux femmes qui ont un risque bas de ne pas faire de mammographie avant quatre ans. Pour celles qui ont un risque moyen, elles peuvent en faire tous les deux ans. Et enfin, pour les femmes au risque élevé, nous estimons qu’il faut faire des mammographies tous les ans, voire une IRM annuelle".

L’objectif de ces dépistages individuels est aussi de réduire les cas de sur-diagnostic, dont la proportion est actuellement de 10 à 15%. Les résultats de cette étude ne seront toutefois pas disponibles avant 6 à 8 ans. En attendant, le dépistage reste la norme pour les femmes qui doivent suivre les recommandations de leurs médecins.