Nantes : la justice demande l'expulsion de 250 migrants d'un gymnase

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Fin octobre, une soixantaine de demandeurs d'asile avaient été délogés d'un square de Nantes.
Fin octobre, une soixantaine de demandeurs d'asile avaient été délogés d'un square de Nantes. © LOIC VENANCE / AFP
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Depuis le 26 octobre, environ 250 migrants se sont progressivement agrégés à l'intérieur d'un gymnase de Saint-Herblain, près de Nantes. "La situation n'était pas tenable", affirme l'avocat du collectif de soutien à ces migrants.

Le tribunal d'instance de Nantes a validé la demande d'expulsion de quelque 250 migrants vivant dans un gymnase insalubre de Saint-Herblain, en Loire-Atlantique, dans un délai de deux mois. "Ce n'est vraiment pas une surprise. Le constat général était que la situation n'était pas tenable. La crainte c'était qu'il n'y ait pas de marge de manœuvre et que tout le monde se retrouve sur le trottoir", a déclaré Me Stéphane Vallée, avocat du collectif de soutien aux migrants. Ces deux mois de délai vont "permettre de s'organiser", a-t-il ajouté.

Recherche de solutions "dignes". Une audience s'était tenue le 7 mars à la suite suite d'une demande d'expulsion déposée en référé par le diocèse de Nantes, propriétaire de ce gymnase attenant à un lycée catholique fermé depuis six ans. "La décision d'arrêter ce qui se vit là-bas est fondamental mais arrêter pour les mettre à la rue n'a pas de sens, on le dit depuis le début", a déclaré Xavier Brunier, responsable de la solidarité au diocèse. Un travail est en cours avec la préfecture de Loire-Atlantique et les acteurs institutionnels afin de "trouver des solutions qui soient dignes", selon l'évêché.

"300 repas du soir". À l'intérieur du gymnase, décati et sans eau chaude pour se laver, se sont progressivement agrégés depuis le 26 octobre environ 250 migrants - réfugiés, demandeurs d'asile ou dublinés - vivant sous des tentes ou des matelas à même le sol, dans des conditions précaires propices à la violence. "La seule solution qu'on a, c'est de squatter", avait regretté Christophe Jouin, co-président de L'autre cantine, une association locale d'aide aux migrants. "On fait 300 repas du soir pour le gymnase, tous les jours, sept sur sept, et on fournit 120 tenues toutes les semaines, sur le modèle solidaire, sans aucune subvention", avait-il indiqué, dénonçant "la carence de l'État".