Mouvement lycéen : nouveaux blocages et manifestations tendues à travers la France

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Véhicules et poubelles incendiés, blocages, tensions avec les forces de l'ordre : plusieurs dizaines de lycées du pays sont à nouveau mobilisés vendredi.

Véhicules et poubelles incendiés, blocages, tensions avec les forces de l'ordre : plusieurs dizaines de lycées du pays sont à nouveau mobilisés vendredi. De nouveaux incidents ont déjà émaillé cette cinquième journée d'un mouvement né dans le sillage de celui des "gilets jaunes".

Des débordements en Seine-Saint-Denis

En Seine-Saint-Denis, 31 établissements sont concernés par la mobilisation et treize personnes ont été interpellées. La situation est notamment tendue à Aubervilliers, à proximité de plusieurs lycées et collège. Une voiture a été incendiée, des "départs de feu" ont eu lieu au niveau de deux établissements et un commerce a été "dégradé et pillé", a indiqué la préfecture. Environ 150 lycéens scandant "Macron démission", sont par ailleurs rassemblés devant le lycée Le Corbusier, bloqué après une assemblée générale. "Il faut montrer qu'ici on ne brûle pas des voitures, on n'est pas des sauvages", a dit Nouara, 17 ans.

Des enseignants en grève à Aubervilliers

Cette nouvelle journée de mobilisation intervient au lendemain de la diffusion d'images de l'interpellation de 150 lycéens à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, qui ont suscité l'indignation. À Le Corbusier, plusieurs enseignants, parmi lesquels l'ex-candidate à la présidentielle Nathalie Arthaud (LO), se sont mis en grève. "Les événements de Mantes-la-Jolie nous ont encouragés à dire notre opposition a cette répression qui monte en banlieue", a-t-elle déclaré. La mobilisation des lycéens, qui appellent notamment à l'abandon des réformes du bac et de l'accès à l'université, a conduit au blocage de 200 à 300 lycées cette semaine.

Trois interpellations dans les Hauts-de-Seine

Dans les Hauts-de-Seine, trois personnes ont été interpellées vendredi, dont un jeune possédant une bouteille remplie d'essence devant un lycée de Meudon. La situation est également tendue à Malakoff, devant le lycée Louis-Girard, où un conducteur de scooter a été agressé et un bus a été "pris d'assaut" par une trentaine de jeunes.

Douze interpellations dans le Val-d'Oise

Dans le Val-d'Oise, vingt lycées sont concernés par la mobilisation et douze personnes avaient été interpellées en milieu de matinée, a indiqué la préfecture. Une quinzaine d'établissements sont également touchés par le mouvement dans l'Essonne, où des tensions ont éclaté à Sainte-Geneviève-des-Bois.

Douze interpellations à Saint-Étienne

Douze jeunes hommes ont été interpellés et placés en garde à vue vendredi matin lors d'une manifestation à Saint-Etienne, théâtre de violences pour le deuxième jour consécutif. Parmi ces douze personnes placées en garde à vue - mineures pour la plupart - au commissariat central de la ville, cinq vont être poursuivies pour violence avec armes après avoir jeté des projectiles en direction des forces de l'ordre. Les sept autres, qui vont être remis en liberté, feront l'objet de contraventions pour avoir défilé le visage masqué.

Manifestation sous tension à Lyon

Une manifestation de lycéens de l'agglomération lyonnaise s'est rapidement tendue vendredi avec jets de pierres et de bouteilles en direction des forces de l'ordre, qui ont répondu par des gaz lacrymogènes. Partis vers 10 heures du quartier Jean Macé dans le 7ème arrondissement de Lyon, les lycéens devaient rejoindre la place Guichard dans le 3ème arrondissement, entraînant notamment de graves difficultés de circulation. "Macron démission" et "Qu'une solution, la révolution", chantaient en marchant à vive allure les manifestants. Ils étaient 2.300 selon la préfecture, un chiffre corroboré par l'Union nationale lycéenne (UNL).

La police a interpellé 19 jeunes durant la manifestation et 20 autres aux abords d'établissements bloqués en banlieue. Au total, plus de 150 personnes, la plupart mineures, ont été interpellées dans ce cadre depuis le début de la semaine à Lyon et alentour.

Deux policiers blessés dans le Haut-Rhin

Deux policiers ont été blessés lors d'une manifestation de lycéens tendue vendredi à Mulhouse (Haut-Rhin), théâtre d'affrontements avec les forces de l'ordre et qui a paralysé le centre-ville durant la matinée. "Un policier a été blessé aux deux jambes, avec des plaies ouvertes sérieuses, quand une moto pilotée par un lycéen lui a foncé dessus", a expliqué le préfet du Haut-Rhin Laurent Touvet à la mi-journée. La vie du fonctionnaire n'est pas en danger et on ignore s'il souffre de fractures. Le pilote de la moto, qui circulait sans casque et le visage masqué par une cagoule, a été interpellé et placé en garde à vue.

En fin d'après-midi, la préfecture du Haut-Rhin a fait état d'un deuxième fonctionnaire de police blessé, sans plus de précisions. Au total, 33 personnes ont été interpellées dans le cadre de manifestations lycéennes dans le département vendredi, dont 29 à Mulhouse, la plupart pour des jets de projectiles sur les forces de l'ordre.

Des journalistes agressées dans le Nord 

A Wingles (Nord), deux journalistes de la Voix du Nord ont été prises pour cibles par des lycéens, qui ont d'abord jeté dans leur direction une bouteille contenant de l'acide. Elles ont réussi à éviter le projectile avant qu'il n'explose à quelques mètres d'elles, rapporte le quotidien régional

Des débordements dans le Sud

Dans l'Hérault, 500 lycéens environ ont manifesté dans les rues de Béziers. Dans l'académie de Montpellier, une trentaine d'établissements était touchée par des blocages, certains filtrants. A Toulon, sept manifestants ont été interpellés, notamment pour jets de cocktail molotov.