Montres connectées à l'école : "Ce n'est sûrement pas ça qui fera diminuer le pourcentage d'enfants obèses"

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Invité d'Europe 1, le chef du service de nutrition pédiatrique à l'hôpital Trousseau commente l'initiative de la mairie de Guingamp visant à faire "bouger" davantage les élèves de CM1-CM2. 
INTERVIEW

Une montre connectée gratuite pour les élèves de CM1-CM2 : telle est l'initiative mise en place par la municipalité de Guingamp, en Bretagne, pour lutter contre la sédentarité infantile. Avec une proportion de "10 à 20% d'élèves en surpoids par classe", selon le maire Philippe Le Goff, la ville entend inciter les enfants à bouger davantage. Invité d'Europe 1, mercredi midi, le chef du service de nutrition pédiatrique à l'hôpital Trousseau, Patrick Tounian, salue cette initiative tout en appelant à éviter les raccourcis. 

"C'est une injustice de la nature"

"L'obésité de l'adulte est associée à des maladies, notamment les maladies cardio-vasculaires, le diabète et le cancer", pose d'abord le spécialiste. "Mais chez l'enfant, c'est différent. (…) Il faut savoir que c'est génétiquement déterminé, c'est une injustice de la nature. N'importe quel enfant ne peut pas devenir obèse", souligne-t-il. 

Le médecin, qui reçoit des enfants en surpoids depuis une trentaine d'années, salue pourtant l'initiative guingampaise. "C'est très, très bien, il faut faire bouger davantage, c'est une certitude", commente-t-il. "Ça va faire augmenter l'activité physique de l'enfant, et on en a besoin pour plein de choses, mais ce n'est sûrement pas ça qui fera diminuer le pourcentage d'enfants obèses."

"On se moque de ces enfants"

Pour le chef de service, un autre élément essentiel tient au regard des élèves comme des parents sur les enfants en situation de surpoids : "C'est surtout un problème psycho-social : on se moque de ces enfants. (…) Il faut arrêter de faire croire qu'un enfant devient obèse parce qu'il ne bouge pas assez, parce qu'il est faignant, parce qu'il mange mal. (…) Ils pleurent en consultation parce que, justement, il y a cette stigmatisation."

Europe 1
Par Margaux Lannuzel