Mobilisation en baisse, heurts à Strasbourg : ce qu'il faut retenir de l'acte 24 des gilets jaunes

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La mobilisation était en forte baisse à Paris.
La mobilisation était en forte baisse à Paris. © Zakaria ABDELKAFI / AFP
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Le ministère de l'Intérieur a recensé 23.600 manifestants dans toute la France, contre 27.900 la semaine précédente. Cette mobilisation compte parmi les plus faibles depuis le début du mouvement. 

Les annonces d'Emmanuel Macron n'avaient pas convaincu les "gilets jaunes". Deux jours après la conférence de presse du président de la République à l'Élysée, censée conclure trois mois de "grand débat national", les opposants au gouvernement comptaient sur ce 24e samedi de mobilisation pour relancer leur mouvement, après un acte 23 marqué par une baisse de la participation. Mais l'objectif est manqué, les "gilets jaunes" ayant connu ce samedi une mobilisation parmi les plus faibles depuis le début du mouvement, le 17 novembre.   

Une mobilisation en forte baisse

Le ministère de l'Intérieur a recensé 23.600 manifestants dans toute la France, contre 27.900 la semaine précédente. La plus faible journée reste celle du 6 avril avec 22.300 manifestants. La baisse est encore plus spectaculaire à Paris, où 2.600 "gilets jaunes" ont été comptabilisés dans deux cortèges distincts, contre 9.000 lors de l'acte 23. 

Une nouvelle fois, ces chiffres ont été contestés par les manifestants, qui comptent eux "60.132 manifestants minimum", selon un décompte provisoire. 

À Paris, deux cortèges sans incident 

Alors que l'acte 23 avait été marqué par des incidents à proximité de la place de la République, l'ambiance était beaucoup plus calme ce samedi. La préfecture de police de Paris a indiqué avoir procédé à 13.500 contrôles préventifs et à seulement 14 interpellations, quand 178 personnes avaient été placées en garde à vue samedi dernier. 

La mobilisation parisienne était divisée en deux cortèges. Le plus important s'est élancé à 13 heures du boulevard de Montparnasse, mêlant "gilets jaunes" et gilets rouges de la CGT, pour une convergence des luttes et une "riposte générale" au gouvernement et au Medef. Plusieurs représentants de partis de gauche, comme le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon étaient présents, et le cortège a rassemblé au plus fort de la journée 5.500 personnes. Après une arrivée vers 15 heures place d'Italie, les manifestants se sont ensuite dispersés progressivement sans incident, tandis que certains ont rejoint la place de la République, pour un rassemblement improvisé. 

Le deuxième cortège était plus clairsemé, composé d'une centaine de personnes. Ces dernières ont arpenté Paris lors d'une "marche sur les médias", pour réclamer "un traitement médiatique impartial" du mouvement social. Partant du parvis proche de la Maison de la Radio, les "gilets jaunes" ont rejoint la tour de la chaîne privée TF1, puis les sièges de France Télévisions et du CSA, avant de se disperser dans le calme et sous la pluie un peu avant 17 heures.

antoineOK

42 interpellations après des heurts à Strasbourg 

Jusqu'à présent, les manifestations strasbourgeoises étaient restées d'une ampleur modérée. Mais pour cet acte 24, et à un mois des élections européennes, le mouvement avait lancé un "appel international", et prévoyait notamment un défilé vers le Parlement européen. Par prévention, la préfecture avait interdit toute manifestation dans certains secteurs de l'île, formée par le centre-ville historique, le parvis de la gare ainsi que les abords des institutions européennes.

Dès 13 heures, une foule de 2.000 personnes s'est donc élancée non loin du centre. Mais les forces de l'ordre ont empêché les manifestants de rejoindre les institutions européennes, et ont répondu à des jets de projectiles par de nombreux tirs de gaz lacrymogènes. Puis de nouveaux heurts ont éclaté à proximité du Conseil de l'Europe, avec notamment des feux de poubelles. Selon la préfecture, "de nombreuses dégradations ont été constatées (éléments du mobilier urbain détériorés et brûlés, vol de matériel de chantier, etc.)" au cours de la journée. En début de soirée, la préfecture faisait état de 42 interpellations, et de sept blessés légers (trois policiers, trois manifestants, et une riveraine). 

De nombreuses villes encore mobilisées, regain de participation à Bordeaux 

Comme chaque semaine depuis le début du mouvement, des rassemblements étaient prévus dans de nombreuses villes à travers la France, malgré de nombreuses interdictions de manifester. À Toulouse, épicentre d'un "acte 23" du mouvement émaillé d'échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre, il était ainsi à nouveau interdit de manifester sur la place du Capitole jusqu'à 21 heures. 2.000 personnes ont tout de même défilé dans les rues de la "Ville rose". 

Bordeaux, autre bastion historique du mouvement, a de son côté connu un regain de mobilisation, mais là encore, de nombreux barrages empêchaient de manifester dans le centre. Au total, quelques milliers de personnes ont marché sans incidents majeurs, la préfecture faisant état en fin de journée de huit interpellations, et d'un policier "légèrement blessé". 

Des interdictions de manifester avaient également été prononcées à Lille, où La Voix du Nord évoque "un bon millier de manifestants", ou encore dans le centre de Rennes. Dans la ville bretonne, 500 "gilets jaunes" ont tout de même manifesté lors d'un rassemblement "interrégional", rapporte Ouest-France.  

À Montpellier, 1.500 personnes ont battu le pavé, selon la préfecture, tandis qu'ils étaient près de 1.000 à Marseille. À Lyon, une opération escargot contre la limitation de vitesse à 70km/h sur le périphérique lyonnais était notamment organisée.

Tous les regards tournés vers le 1er mai 

Si la mobilisation était en baisse ce samedi, tous les regards sont désormais tournés vers mercredi, les "gilets jaunes" pouvant profiter de cette journée symbolique pour tenter de relancer leur mouvement. Certains "gilets jaunes" avaient d'ailleurs fait l'impasse samedi pour se concentrer sur les rassemblements à venir, une grande manifestation unitaire étant organisée par la CGT, FO, FSU, Solidaires, l'Unef (étudiants) et l'UNL (lycéens). Et sur les réseaux sociaux, des messages se multiplient depuis plusieurs jours pour inviter à faire du 1er mai ''l'acte ultime". 

 

Europe 1
Par Antoine Terrel avec AFP