L'ESSENTIEL - Gilets jaunes, acte 24 : 23.600 manifestants en France, dont 2.600 à Paris, selon l'Intérieur

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Des milliers de "gilets jaunes" ont à nouveau arpenté les rues de Paris.
Des milliers de "gilets jaunes" ont à nouveau arpenté les rues de Paris. © ZAKARIA ABDELKAFI / AFP
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Deux jours après les annonces d'Emmanuel Macron, les "gilets jaunes" battaient à nouveau le pavé samedi pour l'"acte 24" de leur mouvement. C'était notamment le cas à Paris, mais aussi à Strasbourg, où quelques heurts ont éclaté.
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Emmanuel Macron a tenté de leur tendre la main, jeudi lors de sa conférence de presse à l'Élysée. Ce samedi, les "gilets jaunes" n'en ont pas pour autant changé leurs habitudes. Lieux principaux de la contestation : Paris, où deux cortèges ont défilé, et Strasbourg, où des heurts ont éclaté. La mobilisation était en baisse par rapport à la semaine passée, le ministère de l'Intérieur faisant état de 23.600 manifestants dans toute la France, dont 2.600 à Paris. Lors de l'acte 23, 27.900 personnes avaient été comptabilisés dans tout le pays, dont 9.000 à Paris. 

Les informations à retenir :

  • À Paris, une manifestation a mêlé CGT, "gilets jaunes" et représentants de partis de gauche, quand une autre a fait le tour de plusieurs sièges de médias
  • Environ 2.000 "gilets jaunes" ont défilé à Strasbourg, où 42 personnes ont été interpellées. 
  • La mobilisation était en baisse, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, qui a recensé 23.600 manifestants en France, dont 2.600 à Paris. 

Deux cortèges dans le calme à Paris

À Paris, plusieurs milliers de manifestants, gilets rouges de la CGT et "gilets jaunes" mêlés se sont élancés peu après 13 heures du boulevard du Montparnasse, pour opposer une "riposte générale" au gouvernement et au Medef. Le carré de tête de la manifestation, à l'initiative de fédérations et unions départementales CGT, - mais en l'absence du secrétaire général de la confédération, Philippe Martinez -, marchait derrière une banderole proclamant : "face à une attaque globale, riposte générale". 

Cette action a aussi reçu le soutien du PCF, du NPA, de personnalités comme la journaliste Aude Lancelin ou la "gilet jaune" Priscillia Ludosky. Le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon était également présent dans le cortège. Au total, sur les 5.500 participants à la marche, 2.000 étaient des "gilets jaunes", selon la police. Les organisateurs affirment eux que le rassemblement a rassemblé 35.000 personnes. Après une arrivée vers 15 heures Place d'Italie, les manifestants se sont ensuite dispersés progressivement sans incident. 

En fin d'après-midi, quelques centaines de "gilets jaunes" ont fini par rejoindre la place de la République. 

Dans un autre cortège, quelques centaines de personnes ont participé à une "marche sur les médias". Objectif : réclamer "un traitement médiatique impartial" du mouvement social. Les manifestants se sont élancés du parvis proche de la Maison de la Radio, avant de rejoindre notamment la tour de la chaîne privée TF1, puis les sièges de France Télévisions et du CSA. Ils se sont finalement dispersés un peu avant 17 heures.

Dans la foule, on distinguait notamment des banderoles pour le référendum d'initiative citoyenne (RIC), en soutien à Julian Assange où encore au journaliste Gaspard Glanz, interpellé lors de l'acte 23 pour avoir fait un doigt d'honneur après avoir été poussé par un policier.

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© © LUCAS BARIOULET / AFP

Selon la préfecture de police de Paris, 13.500 contrôles préventifs ont été effectués et 14 personnes ont été interpellées dans la capitale. 

42 interpellations à Strasbourg, de nombreuses dégradations 

À Strasbourg, le mouvement avait lancé sur les réseaux sociaux un appel dit "international" à manifester en direction du Parlement européen, à un mois des élections européennes. Les organisateurs espéraient attirer des manifestants allemands et belges. Au final, près de 2.000 personnes ont manifesté dans les rues de la ville. 

Alors que les manifestations de "gilets jaunes" étaient restées d'une ampleur modérée dans la capitale alsacienne jusque-là, la préfecture avait interdit toute manifestation dans certains secteurs de l'île, formée par le centre-ville historique, le parvis de la gare ainsi que les abords des institutions européennes. Vers 15 heures, des heurts ont éclaté entre les forces de l'ordre et des manifestants. Bloquant le cortège place de Bordeaux, les gendarmes, après plusieurs sommations, ont empêché les participants de se rendre en direction du Parlement européen. Les forces de l'ordre ont répliqué à des jets de projectiles par de nombreux tirs de lacrymogènes. 

Une heure plus tard, des manifestants, certains masqués, ont pourtant réussi à se rapprocher à une dizaine de mètres d'une autre institution européenne, le Conseil de l'Europe. Une nouvelle fois, des incidents ont éclaté, des manifestants tentant d'ériger des barricades et allumant plusieurs feux de poubelles. 

Selon la préfecture, "de nombreuses dégradations ont été constatées (éléments du mobilier urbain détériorés et brûlés, vol de matériel de chantier, etc.)" au cours de la journée. Au total, 42 personnes ont été interpellées. La préfecture fait également état de sept blessés légers (trois policiers, trois manifestants et une riveraine).

Opération escargot à Lyon, rassemblement "interrégional" à Rennes…

Comme chaque semaine, d'autres rassemblements se sont déroulés dans les grandes villes, malgré certaines interdictions à manifester. Une opération escargot contre la limitation de vitesse à 70km/h sur le périphérique lyonnais était notamment organisée à Lyon.

À Montpellier, 1.500 personnes ont battu le pavé, selon la préfecture, tandis qu'ils étaient près de 1.000 à Marseille. À Arles, 200 "gilets jaunes" ont arpenté les rues de la ville. 

À Toulouse, épicentre d'un "acte 23" du mouvement émaillé d'échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre, il était à nouveau interdit de manifester sur la place du Capitole jusqu'à 21 heures, mais un appel des "gilets jaunes au centre" avait néanmoins été lancé pour le début d'après-midi. Selon La Dépêche du Midi, 2.000 personnes y ont manifesté, globalement dans le calme, malgré une charge des forces de l'ordre. Bordeaux, autre bastion historique du mouvement, a de son connu un regain de mobilisation. Quelques milliers de personnes ont marché sans violence dans les rues de la ville. 

Des interdictions de manifester avaient également été prononcées à Lille, où La Voix du Nord évoque "un bon millier de manifestants", ou encore dans le centre de Rennes. Dans la ville bretonne, 500 "gilets jaunes" ont tout de même manifesté lors d'un rassemblement "interrégional", tout comme à Caen, rapporte Ouest-France 

Une mobilisation en baisse

La mobilisation était donc en baisse, en ce 24ème samedi d'actions des "gilets jaunes", selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Les "gilets jaunes" ont pour leur part comptabilisé "60.132 manifestants minimum", selon un décompte provisoire. La semaine dernière, 27.900 manifestants s'étaient réunis dans toute la France, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur en fin de journée. Ils étaient 100.000 selon le décompte des "gilets jaunes". 

La semaine prochaine, les manifestations du 1er-Mai seront particulièrement scrutées. Alors qu'une grande manifestation unitaire est organisée par la CGT, FO, FSU, Solidaires, l'Unef (étudiants) et l'UNL (lycéens), les "gilets jaunes" pourraient profiter de cette journée symbolique pour tenter de relancer leur mouvement.