Mineurs sans papiers : une note interne de la police aux frontières de Menton jette le trouble

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La polémique monte à Menton, à la frontière italienne, depuis qu'une eurodéputée a découvert une note des policiers incitant à ne pas reconduire à la frontière les migrants mineurs en présence de la presse.

REPORTAGE

Reconduire des mineurs étrangers à la frontière italienne est interdit par la loi. Pourtant, cette pratique illégale semble devenu courante. À Menton, sur la Côte d'Azur, les agents de la police aux frontières, seraient incités au respect de la règle… s'ils sont accompagnés de journalistes. 

Une note dans les locaux de la PAF. C'est en visitant sans s'annoncer le poste aux frontières que l'eurodéputée Michèle Rivasi est tombée sur cette note, placardée au milieu d'autres. Stabilotés au feutre orange, ces quelques mots sont écrits au crayon : "Si presse sur place, pas d'embarquement de mineurs dans les trains pour Vintimille". "Je l'ai photographiée. Ça veut dire qu'on ne respecte pas le droit. Même la police qui fait honnêtement son boulot reçoit vraisemblablement des ordres qu'elle doit appliquer, pour qu'on ne reçoive pas de migrants en France", s'indigne-t-elle au micro d'Europe 1.

vintimille

"La consigne de travail, c'est d'enfreindre la loi". À Nice, depuis quelques mois, le contexte est tendu. Plusieurs personnes ont été condamnées pour aide aux migrants. Le préfet des Alpes-Maritimes a été également condamné à quatre reprises par la justice administrative. L'association Tous Citoyens dénonce "un cynisme absolu", et en appelle au ministre de l'Intérieur. "La consigne de travail, c'est d'enfreindre la loi, et de ne la respecter que quand la presse est là pour ne pas se faire piéger", constate David Nakache, président de l'association. Il dénonce une "organisation de l'entrave au droit à la protection de l'enfance", et rappelle que "tout mineur qui arrive en France et qui n'a pas de tuteur légal, qui est loin de sa famille, doit être protégé jusqu'à ses 18 ans".

Contactée par Europe 1, la préfecture des Alpes-Maritimes n'a pas souhaité s'exprimer. Elle n'a pas non plus autorisé nos demandes d'interview avec la police aux frontières de Menton.