Meurtre de Sarah Halimi : "On ne juge pas ceux qui ont été déclarés irresponsables"

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La Cour de cassation se prononcera sur la responsabilité pénale du suspect. 1:43
La Cour de cassation se prononcera sur la responsabilité pénale du suspect. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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Le suspect mis en cause pour le meurtre en 2017 de Sarah Halimi, une sexagénaire juive, a été déclaré pénalement irresponsable par la cour d'appel de Paris. Emmanuel Macron s'est pourtant exprimé en faveur de la tenue d'un procès. Interrogé par Europe 1, le président de l'association des avocats pénalistes a regretté que le chef de l'Etat remette ainsi en cause l'indépendance de la Justice.
INTERVIEW

Le meurtre de Sarah Halimi en 2017 avait provoqué une profonde indignation. La sexagénaire juive avait été défenestrée. Depuis, le suspect a été déclaré pénalement irresponsable. En visite en Israël, Emmanuel Macron a bousculé la séparation des pouvoir en se prononçant en faveur d'un procès devant les expatriés français. "Même si à la fin le juge devait décider que la responsabilité pénale n'est pas là, le besoin de procès, lui, est là", a notamment déclaré le président français. Une position vivement critiquée par Christian Saint-Palais, le président de l'association des avocats pénalistes, au micro d'Europe 1.

"Je comprends qu'il soit sensible à l'émotion qui s'exprime d'autant qu'elle a gagné tout le pays", a affirmé l'avocat pénaliste. "Mais je n'admets pas qu'il s'exprime sur une affaire judiciaire en cours en donnant le sentiment qu'il critique la décision qui a été rendue." Christian Saint-Palais n'a pas manqué de souligner le sérieux du travail des magistrats et de leurs collaborateurs lors de cette affaire.

Contre la tenue d'un "procès à tout prix"

"[Emmanuel Macron] se trompe en disant qu'il faut absolument répondre à la demande des victimes en organisant un procès", a-t-il poursuivi. "On n'organise pas un procès à tout prix, on ne juge pas ceux qui ont été déclarés irresponsables au moment du passage à l'acte." Pour lui, il s'agit d'un "principe auquel nous devons nous tenir".

La Cour de cassation doit prochainement se prononcer sur la responsabilité pénale du suspect.

Europe 1
Par Antoine Cuny-Le Callet