Manifestation contre le plan social chez Castorama : "Quand on détruit leur emploi, on détruit leur vie !", s'insurge un syndicaliste

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A l'appel des syndicats, une quarantaine de salariés étaient réunis devant le siège de Castorama, dans le Nord, pour protester contre la fermeture de onze magasins français du groupe Kingfisher. 789 salariés sont concernés par ces fermetures. 
REPORTAGE

L'ambiance était tendue. Mercredi se tenait à Templemars, dans la banlieue lilloise, la première réunion de négociation entre la direction de Castorama et les syndicats, alors que onze magasins du groupe britannique Kingfisher, neuf Castorama et deux Brico Dépôt, doivent fermer leur porte d'ici deux ans. À l'appel de la CGT et de FO, une quarantaine de salariés se sont réunis devant le siège de leur entreprise pour crier leur colère contre un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui menace quelque 789 postes. 

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"On a un sentiment d'abandon", témoigne Valérie, employée dans l'enseigne Castorama de Lille depuis 30 ans. "Le magasin n'a jamais été revitalisé, c'est une famille qui va éclater", lâche-t-elle, dépitée, au micro d'Europe 1. Pourtant, à en croire le DRH de Castorama Olivier Lurson, chacun des quelque 800 salariés concernés par les fermetures de magasins pourra bénéficier du plan social. "On comprend tout à fait la colère, on l'entend d'autant que se sont des moments difficiles", affirme-t-il. "On reste concentré sur notre objectif de trouver les meilleures modalités d'accompagnement des salariés." 

"Les reclassements, c'est théorique"

Sauf que pour les syndicats, ces reclassements "à un poste équivalent" promis par la direction ne suffisent pas. "Quand vous avez un magasin à Angers [qui est concerné par les fermetures, ndlr], les autres Castorama les plus proches sont à Tours et Nantes [respectivement à 245 et 91 kilomètres de distance, ndlr]", s'insurge Jean-Paul Ghatier, délégué FO. "Les reclassements, c'est théorique", dénonce le syndicaliste. "Les gens ont bâti leur vie autour de leur emploi. Et quand on détruit leur emploi, on détruit leur vie !". 

Jugeant leur rentabilité insuffisante, le groupe britannique Kingfisher a annoncé fin mars la fermeture de plusieurs magasins en Europe. Selon les syndicats, les magasins Castorama concernés se situent à Lille, Paris et en région parisienne (Seine-et-Marne, Val-d'Oise, et Essonne), ainsi qu'à Darnétal, en Seine-Maritime, et à Angers. "On ne comprend pas pourquoi ils vont sacrifier 800 personnes alors que la direction dit qu'il y a un 'frémissement' depuis le début de l'année", déplore Grégory Cipriano, délégué CGT.

Un premier PSE avait été validé en juin 2018. Un accord majoritaire syndicats-direction avait été signé à Castorama et Brico-Dépôt, entérinant la suppression de 409 postes en France dans le cadre d'une délocalisation de services de comptabilité en Pologne. Au total, l'AFP précise que le groupe britannique possède 224 magasins pour plus de 18.000 salariés en France.

Europe 1
Par Lionel Gougelot, édité par Ugo Pascolo