L'inaction climatique jugée plus dévastatrice pour la planète que le risque nucléaire

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Pour la première fois, le Rapport sur les risques mondiaux 2020, publié par le Forum économique mondial et Marsh & McLennan, place les menaces environnementales dans les cinq premiers risques probables pour la planète. L'impact de l'inaction climatique est aussi jugé plus risqué que la menace nucléaire, détaille notre éditorialiste Axel de Tarlé.

>> Le Rapport sur les risques mondiaux, publié par le Forum économique mondial avec le soutien de l'assureur Marsh & McLennan, offre une perspective sur ce qui menace la prospérité mondiale en 2020. 800 experts et décideurs du monde entier ont classé leurs préoccupations en fonction de leur probabilité et de leur impact. La 15e édition du rapport montre que l'inaction climatique inquiète plus fortement que la menace nucléaire. Et pour la première fois, les cinq premiers risques mondiaux en termes de probabilité se focalisent autour de l'environnement. Notre éditorialiste Axel de Tarlé présente ce rapport. 

"Le risque climatique est jugé plus dévastateur pour la planète que le risque nucléaire. C'est la conclusion inquiétante d'un géant mondial de l'assurance, le géant américain Marsh. Vous savez que les compagnies d'assurance, elles même se réassurent, en cas d'énorme catastrophe, pour ne pas faire faillite. Et donc, ce rapport concocté par Marsh vise à imaginer les pires catastrophes qui pourraient arriver sur terre au cours des dix prochaines années.

Et il y a du changement dans l'édition 2020. Dans la précédente édition, la chose la plus grave qui pouvait arriver sur terre, la plus dévastatrice en termes d'impact, c'était l'"arme de destruction massive". En clair : une bombe nucléaire qui explose. Et bien désormais, l’événement qui aurait le plus d'impact sur terre... c'est le climat. Plus précisément : un échec de l'action sur le climat. Si cette année, par exemple, on actait que, finalement, on n'y arrive pas. Le renoncement et après le déluge. Cet événement serait selon le rapport plus dévastateur pour la planète qu'une bombe atomique.

Tout cela fait écho aux propos de ce ministre australien qui, face à la dévastation de son pays, avait dit, souvenez-vous : "Ce ne sont pas des feux de brousse. C'est une bombe atomique".

Entendu sur europe1 :
"l'inaction climatique coche les deux cases : énorme impact, et probabilité assez forte"

Chaque événement dramatique est évalué selon deux critères. Son impact, on vient d'en parler, et sa probabilité. Par exemple, la bombe atomique : impact très fort, mais probabilité très faible. Or malheureusement, un échec sur l'action climatique coche les deux cases : énorme impact, et probabilité assez forte.

Essayons quand même d'être positif en cette fin de semaine. Gageons justement que ces événements dramatiques en Australie nous pousseront tous à agir. Car s'il est un élément encourageant qui est apparu - selon tous les témoignages sur place - lors de ces feux épouvantable en Australie, c'est l'énorme solidarité humaine face à la catastrophe."