Les salariés de Lubrizol veulent reprendre le travail : "L'unité de production est prête à repartir"

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Le 26 septembre dernier, un incendie dont les causes sont encore inconnues a ravagé une partie de l'usine seveso seuil haut de Lubrizol. 1:28
Le 26 septembre dernier, un incendie dont les causes sont encore inconnues a ravagé une partie de l'usine seveso seuil haut de Lubrizol. © AFP
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À Lubrizol, près d'un mois et demi après l'incendie qui a ravagé une partie de leur usine, les salariés veulent reprendre au moins une partie de leur activité. De son côté, la direction du groupe voit d'un mauvaise œil la fermeture d'une usine qui représente la moitié de son chiffre d'affaires, d'autant que certains de ses clients s'impatientent. 
REPORTAGE

Près d'un mois et demi après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen, les salariés veulent reprendre le travail. Alors que le site est toujours à l'arrêt et que l'enquête n'a toujours pas permis de déterminer l'origine de l'incendie du 26 septembre, ils craignent d'éventuelles difficultés d'approvisionnement en produits Lubrizol, des additifs pour lubrifiants, pour leurs clients à travers toute l'Europe. 

Une reprise voulue par les salariés et la direction...

"L'unité de production n'a pas du tout été impactée, elle comme elle était la veille du sinistre, prête à repartir", affirme Franck au micro d'Europe 1. Après 12 ans à s'occuper de la maintenance du site, il en est certain : une reprise partielle de l'activité est possible. Notamment avec l'ouverture d'une unité, pas de mélange de produits chimiques. Celle-là même où sont fabriqués les additifs que les clients de l'entreprise attendent toujours, parfois avec une certaine impatience. 

"Dans le monde automobile et industriel, on prévoit une catastrophe sociale, car on ne peut plus les approvisionner", explique Franck. "On distribue la moitié de l'Europe, et dans ce secteur, une voiture sur deux utilise de l'huile Lubrizol. Sans nous, les industries ne peuvent plus fonctionner, et cela va aussi toucher les simples citoyens". Les salariés comme Franck qui défendent l'idée d'une reprise de l'activité dans l'usine seveso assurent par ailleurs ne pas défendre leur seul intérêt, puisqu'ils continuent de percevoir leur salaire. 

...mais qui risque de choquer les riverains

Mais comme Rouen représente la moitié du chiffre d'affaires de Lubrizol France, la direction soutient ses salariés et appuie fermement dans le sens d'une réouverture prochaine. Une idée qui n'enchante guère...les riverains : "On ne sait pas d'où vient déjà le départ de feu et encore moins les causes de cet incendie", rappelle Jean-Noël, rouennais. "Comment peut-on dire tout est prêt ? Tout est prêt pour faire de l'argent, ou pour que cela se répète ?". Une question que devra trancher, après un strict protocole de vérifications, la préfecture de Seine-Maritime. 

Europe 1
Par Romane Hocquet, édité par Ugo Pascolo